La dernière édition de MCB Focus, publiée par la Mauritius Commercial Bank, avec la confirmation de la baisse de 30 points de la croissance économique, soit 3,1%, pour 2012, et relayée sur le site web lemauricien.com depuis 23h49 hier, peint un tableau de la situation économique relativement difficile avec les séquelles de la crise persistante dans la zone euro. Les principaux facteurs justifiant cette troisième révision à la baisse successive de la croissance depuis le début de l’année concernent la contre-performance de l’industrie du tourisme et du secteur du textile et de l’habillement en dépit des exportations robustes du Seafood Hub au cours de la même période. Des risques potentiels de dérapage se présentent par rapport aux taux de chômage et de l’inflation. Mais les plus graves appréhensions sont exprimées au niveau des perspectives pour 2013 avec un worst-case scenario de 2,6% au cas où des « Warranted Policy Orientations » ne se matérialisent pas dans le cadre du prochain budget du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval.
Presque à la veille de la présentation du budget à l’Assemblée nationale, le Group Chief Strategy Officer et Adviser auprès du board de la MCB, Gilbert Gnany, soutient que « it can already be observed that the recurrent and drawn-out nature of global economic disturbances is confronting the Mauritian economy with complex and embedded challenges. » La performance des exportations domestiques de Rs 26,4 milliards (+0,1%) de janvier à juin de cette année constitue un premier signe évident du marasme.
Les deux plus importants secteurs économiques, soit le textile et le tourisme, traversent une période extrêmement difficile, essuyant de plein fouet les effets néfastes de la crise économique dans la zone Euro. Les exportations de textile de Rs 12,6 milliards ont enregistré une régression de 13% au cours de la période d’avril à juin de cette année, alors que celles du Seafood Hub ont été de Rs 5,1 milliards pour six mois contre Rs 7,7 milliards pour les douze mois de l’année dernière.
L’évolution de la situation au sein de l’industrie touristique est encore plus inquiétante, même si pour la période de janvier à août de cette année, c’est le statu quo dans les arrivées touristiques. Un premier signe de la contre-performance demeure le fait que pour le troisième mois consécutif, le nombre de visiteurs étrangers débarquant au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport a baissé en août.
Mais les baisses dans les arrivées touristiques venant des principaux marchés en Europe viennent se greffer sur une équation déjà compromettante pour l’industrie. Le marché touristique français maintient sa tendance baissière avec une décroissance de 11,1% pour les huit premiers mois de l’année. Le marché italien est littéralement en chute libre avec une baisse de 26,2%, alors que le marché allemand se retrouve avec une décontraction de 2,9%.
Chômage
Les perspectives d’un éventuel redressement de ces marchés touristiques ne son guère brillantes dans la conjoncture. « Of real concern to Mauritius, the French economy stagnated for the third straight quarter during the period ending June 2012. Noticeably, household spending therein, which can be taken as a proxy for the expected demand for our goods and services, experienced a downturn, largely weighed down by the sustained rise in the number of unemployed which recently broke through the 3 million mark, for the first time since 1999 », souligne la dernière édition de MCB Focus, qui ajoute que l’économie britannique a enregistré son troisième trimestre successif de croissance negative.
Outre la baisse dans la croissance économique prévue pour cette année, la MCB tire la sonnette d’alarme par rapport à la détérioration du taux de chômage, qui devrait être de l’ordre de 8,1% cette année avec la MCB s’appesantissant sur le fait que la création d’emplois reste quasi nulle cette année.
« Even if a drop was recorded in the country’s unemployment rate to 7.6% during the first quarter of 2012, this performance should be viewed within the context of national net employment creation being practically inexistent when compared to last year’s corresponding period, given that it is rather linked to a reported decline in the country’s total labour force as per latest official estimates », souligne le Chief Strategy Officer de la banque.
La MCB fait état des difficulties de trésorerie dont font face les opérateurs économiques avec la crise en Europe et ses répercussions sur les créances douteuses dans le secteur bancaire. « The spread of global economic shocks into the Mauritian economy can be reflected by indications of a relative worsening of the asset quality metrics of the banking sector in the wake of cash flow difficulties being experienced by operators in some economic sectors. Thus, despite remaining manageable, the ratio of non-performing loans to total credit extended in Mauritius deteriorated to 4.6% as at March last compared to 4.3% as at June 2011 », avance MCB Focus.
Des signes d’essoufflement sont également visibles dans le secteur de la construction avec la baisse dans les investissements privés et des délais dans la mise à exécution d’importants projets d’infrastructure. Pour la troisième année consécutive, les investissements privés par rapport au PIB ne représenteront que 22,9% du PIB.