Revue une première fois à la baisse en avril 2012 (de 4 % à 3,6 %), l’estimation officielle du taux de croissance économique pour cette année vient à nouveau d’être corrigée pour être fixée à 3,5 %. Statistics Mauritius, qui a rendu publiques ce matin ses dernières prévisions, s’attend à une stagnation dans le secteur textile ainsi qu’à une contraction dans celui de la construction. L’investissement privé va également reculer (-3,3 %) mais sera compensé par la croissance de l’investissement public.
Selon Statistics Mauritius, l’estimation d’un taux de croissance de 3,5 % repose essentiellement sur les facteurs suivants : 1) une production sucrière de 410 000 tonnes, soit une croissance négative de 7 % comparée à un taux positif de 3,5 % enregistré en 2011 ; 2) une expansion plus faible (1,9 % contre 2,2 % l’année dernière) de l’industrie manufacturière ; à l’intérieur de ce secteur, les performances de diverses industries sont différentes. L’activité usinière dans le secteur sucrier va stagner en 2012 après une croissance de 3,8 % en 2011. « The no growth is based on the production of 410, 000 tonnes of sugar and the refining of 75, 000 tonnes of imported raw sugar », explique Statistics Mauritius. Dans l’agro-industrie, une reprise (3,4 %) est attendue après une décroissance de 1,6 % l’an dernier, cette amélioration de performance étant expliquée par des activités accrues dans le sous-secteur de traitement des produits de la mer. Le secteur textile sera aussi marqué par la stagnation après une forte croissance (8 %) réalisée en 2011, ceci en raison de la baisse de la demande dans les marchés européens.
Statistics Mauritius prévoit une contraction de 1,2 % du secteur de la construction qui avait aussi été affecté l’année dernière (-2 %). Ce repli est dû à la concrétisation de plusieurs grands projets notamment dans les secteurs hôtelier et commercial. Pour ce qui est du secteur touristique, un taux de croissance de 1,6 % est fixé, les arrivées touristiques devant atteindre environ 980 000 contre 964 642 en 2011. Les revenus touristiques s’élèveraient à Rs 43,2 milliards contre Rs 42,8 milliards l’année dernière. Dans le secteur du transport-stockage/communication, la croissance serait d’environ 4,8 % par rapport à 4,9 % en 2011. Repli également de la croissance dans le secteur de l’intermédiation financière (banque, assurance, etc.) où on prévoit un taux de 4,8 % contre 5,5 % en 2011 alors que celui-ci des business activities devrait croître de 8,3 %, en dessous des 9 % enregistrés précédemment.
Les données les plus récentes disponibles concernant les projets en cours et ceux à venir amènent Statistics Mauritius à conclure que l’investissement en termes nominaux va se chiffrer à Rs 78,5 milliards (+2,4 %) mais en termes réels une contraction de 0,7 % est anticipée. La situation n’est pas brillante vu qu’en 2011 l’investissement avait stagné. Le taux d’investissement en pourcentage du PIB serait de 22,8 % en 2012, en baisse par rapport au niveau de l’année précédente (23,7 %). L’investissement dans les bâtiments résidentiels ainsi que dans les bâtiments commerciaux et autres va chuter, indique Statistics Mauritius. Quant à l’investissement dans les machines et autres équipements, une stagnation est annoncée après une croissance de 4,6 % en 2011.
Le tableau de bord de Statistics Mauritius indique que l’investissement privé en termes réels va reculer de 3,3 % après une faible croissance de 1,5 % en 2011. Cependant, l’investissement du secteur public prendra le relais, progressant de 7,7 % après une mauvaise année 2011 (-4,8 %). « This expected growth will be mainly due to investment in road infrastructure, airport extension, public buildings such as prison, etc. », souligne Statistics Mauritius. La part de l’investissement du secteur privé dans l’investissement total va diminuer, passant de 76,7 % à 74,7 %.
Par ailleurs, selon les données officielles, les importations de biens et services coûteraient, cette année, Rs 232,4 milliards (contre Rs 214,6 milliards en 2011). Les exportations de biens et services rapporteraient Rs 188 milliards, soit une augmentation de 4,4 %. Le déficit net s’établirait à Rs 44,4 milliards, soit une hausse d’environ Rs 4,8 milliards par rapport à 2011. En pourcentage du PIB, ce déficit représenterait 12,9 %, taux plus élevé que celui de l’année écoulée (12,3 %).