L’estimation d’un taux de croissance économique de 3,5 % pour 2014 annoncée par Statistics Mauritius en septembre dernier a été maintenue dans sa dernière revue des indicateurs économiques publiée hier après-midi. La croissance pour cette année sera plus élevée que celle de 2013 (3,2 %) mais le tableau de bord n’est pas tout à fait reluisant : l’investissement privé va se contracter pour la troisième année consécutive et à un rythme plus élevé (-7,4 %) alors que le niveau de l’épargne brute domestique, en pourcentage du Produit intérieur brut (PIB), poursuit une courbe descendante pour s’établir à 11,6 % alors qu’il était à 13 % en 2011.
Selon les données de Statistics Mauritius, la hausse du taux de croissance de l’économie nationale en 2014 est due en grande partie à une performance améliorée du secteur tertiaire, le poids des services dans notre économie étant conséquent à plus de 65 %. Le secteur tertiaire affichera une croissance générale de 4,6 % contre 4,3 % en 2013. Le tourisme et les activités de restauration vont croître à un taux de 4,1 % sur la base d’une augmentation des arrivées touristiques (1 040 000 en 2014 contre 993 106 en 2013 et des revenus de l’ordre de Rs 45 milliards contre Rs 40,6 milliards l’année dernière). Statistics Mauritius prévoit que le secteur commercial va réaliser une croissance semblable à 2013, soit 3,2 %. Il en sera de même pour le secteur financier et d’assurance (+ 5,4 %), les services de support administratif (+ 7,4 %).
En revanche, estime Statistics Mauritius, le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) va croître à un taux de 6,4 % par rapport à 6,9 % en 2013. Performances en baisse également pour les secteurs de l’immobilier (+ 2,7 % contre 2,9 % l’année précédente), des activités professionnelles/scientifiques (+ 7 % contre 7,2 % en 2013) et du secteur arts/loisirs (+ 6,7 % par rapport à 8,2 % en 2013).
Grâce aux meilleures performances des secteurs tertiaire et primaire (agriculture) – celui-ci va rebondir avec un taux de 4,5 % en 2014 après une stagnation l’année dernière – l’économie mauricienne pourra compenser la contre-performance du secteur industriel qui terminera l’année avec un taux de 0,3 %, en dessous du 0,8 % enregistré en 2013. Le sous-secteur de production alimentaire (+ 2,5 % en 2014 après une contraction de 0,3 % en 2013) va faire mieux que celui du textile qui, estime-t-on, réalisera une croissance de 1,5 % comparativement à 2,6 % en 2013.
L’investissement au niveau national demeure un gros point noir au tableau. Il reculera de 4,9 % cette année après une contraction de 3,3 % notée l’an dernier. Le niveau d’investissement dans les grands chantiers se repliera davantage à -6,2 % en 2014 par rapport à -10,2 % en 2013. L’investissement dans les machines et autres équipements se contractera de 2,7 % alors que l’année précédente une progression de 11,7 % avait été notée. Les données officielles indiquent que l’investissement privé ne décolle toujours pas : -7,4 % après le taux négatif de 2,8 % relevé en 2013. « The share of private sector investment decreased to 74.4 % from 76.4 % in 2013 and that of the public sector increased to 25.6 % from 23.6 % », souligne Statistics Mauritius à la lumière de la relance de l’investissement public dans des projets tels le terminal à conteneurs, le Bagatelle Dam et l’acquisition d’un nouveau patrouilleur.
Pour ce qui est de l’épargne brute domestique, le montant pourrait augmenter de 4,1 %, passant de Rs 43,2 milliards à près de Rs 45 milliards. Toutefois, en pourcentage du PIB aux prix du marché, l’épargne brute domestique représenterait 11,6 % en 2014 contre 11,8 % en 2013.
Par ailleurs, Statistics Mauritius n’a pas voulu pour le moment annoncer ses prévisions initiales concernant l’évolution de l’économie mauricienne en 2015, préférant attendre les « policy measures » qui seront énoncées dans le budget du nouveau gouvernement dont la présentation est prévue pour mars 2015.