Le secteur prévocationnel revient au devant de l’actualité en cette fin d’année scolaire avec cette décision du Bureau de l’éducation catholique de poursuivre la formation des élèves des 3e et 4e années au sein même des collèges pendant la semaine au lieu de laisser ceux-ci faire le va-et-vient entre les centres du MITD et l’école secondaire. Le ministère de l’Éducation en a été informé cette semaine tandis que les enseignants, présents hier à la cérémonie annuelle de remise de diplômes pour le secteur Prevokbek ne cachaient pas leur appréciation d’une telle décision. En dépit des nombreuses critiques, le ministère maintient la formule en 2014. Le personnel de centres du MITD s’active avant de recevoir la visite de Vasant Bunwaree la semaine prochaine.
On laisse entendre que la filière Prevocational est une sérieuse préoccupation pour l’éducation catholique devant l’insatisfaction générale par rapport à la nouvelle stratégie adoptée par le ministère de l’Éducation. Il est bon de souligner que, dès la fin du premier trimestre scolaire, des voix se sont élevées, tant dans les collèges privés que d’État, contre la formule Collèges-MITD, introduite en début d’année, pour gérer le programme d’études à l’intention des  3rd & 4 th Year des élèves “Prevoc”.    Selon les protestataires, ce système conjoint ferait beaucoup plus de tort que de bien, en argumentant sur les  nombreux problèmes engendrés par le nouveau système. Et à plusieurs reprises, des enseignants des collèges et des “trainers” du MITD ont souhaité l’abandon de cette formule.
En présence des rapports négatifs émanant de ces collèges concernant la collaboration avec le MITD, le secteur catholique a mis sur pied un ad-hoc committee, composé des représentants de plusieurs instances (recteurs, managers, ICJM, BEC, congrégations religieuses, diocèse) pour une analyse en profondeur de la situation et en vue de donner une nouvelle orientation à cette filière d’étude. Ce comité ad hoc est arrivé à la conclusion qu’il serait mieux que les élèves des 3e & 4e années restent dans leurs collèges respectifs tous les jours de semaine en vue de leur donner une formation holistique. « Nos collèges garderont nos élèves les cinq jours de la semaine dès l’année prochaine », a ainsi annoncé hier, et d’une manière très claire, Gilberte Chung, directrice du BEC, lors de la cérémonie annuelle de remise de diplômes pour le programme d’études Prevokbek, qui s’est déroulée au Collège St-Joseph. « Ce n’est pas une décision prise seule, mais avec la collaboration d’un think tank. Cette décision est motivée par des raisons pédagogiques et psychologiques », a expliqué la directrice du BEC. Cette dernière a ajouté à l’adresse des élèves : « Plus de ballottage pour votre bien et aussi pour votre sens d’appartenance à l’école. »
La place intégrale des élèves des 3e et 4e années au sein de l’établissement  passe obligatoirement par un réajustement du contenu de la formation et par une nouvelle pédagogie. Il s’agit d’un gros morceau auquel réfléchit le comité ad hoc. « Dan kad refleksion ki pe angaze dan nou sekter pou prevok, kestion pedagozik li enn dan bann kestion santral », confirme Jimmy Harmon, Head of Applied Pedagogy à l’ICJM et coordinateur du secteur ‘Prevoc’. Ce comité de réflexion entreprendra un inventaire des teaching and learning practices dans cette filière d’études et organise un atelier de travail le 1er octobre prochain à l’intention des  enseignants concernés. « Sa inventer-la pou enn dimension inportan pou avanse », pense Jimmy Harmon. Il ajoute aussi que le Pre-vocational va aujourd’hui beaucoup plus loin que la transmission des notions de base de tel ou tel métier à un jeune. Selon lui, la formation dans le Pre-vocational devrait s’inscrire dans le processus de développement durable, d’où le thème « Prevok Pou Devlopman Dirab » pour la cérémonie de remise de diplômes d’hier. Selon lui, le concept de développement durable ne concerne pas que l’environnement. « Pou ki ena devlopman dirab, nou bizin dimoun konn lir, ekrir, konte. Bizin ki nou ena bann prensip dan lavi, nou bizin ena osi enn vision pou nou prop lavenir. » Et d’affirmer que le nouveau programme d’études envisagé pour le Prevoc catholique tient compte de cette philosophie.
La prise en charge intégrale de la formation des élèves des 3e & 4e année à l’intérieur du collège aura-t-elle des conséquences sur le parcours de ces jeunes ? « Pas du tout », affirment la direction du BEC de même que plusieurs recteurs et enseignants des collèges catholiques. « La formule en vigueur témoigne d’un désintérêt grandissant pour les études. Un grand nombre de ces jeunes arrêtent les cours du MITD en cours de route et ils se débrouillent comme ils peuvent pour gagner leur vie sans aucune formation professionnelle. En étant chez nous tout au long de la semaine, nous allons les motiver à être régulier à l’école et nous pourrons suivre leurs progrès », soutient un enseignant.
Dans la lettre envoyée au ministère de l’Éducation pour expliquer sa démarche, la direction du BEC insiste sur les « pedagogical and psychological reasons » en faisant ressortir que ces jeunes – qui sont dans cette filière d’études – manquent cruellement de confiance en eux et se voient déchirés entre deux différents systèmes : celui du MITD et celui du collège. « They come out of the experience more disrupted. Our attendance record and observation of their behaviour reinforce our decision », dit le BEC.
Des officiers de la MITD contestent également la formule mais contrairement au BEC suggèrent que la formation pour les trois premières années se déroule au collège et que la quatrième année soit confiée intégralement à la MITD.
Dans les jours qui viennent le ministre Bunwaree visitera quelques centres du MITD pour dresser un constat de la situation à la suite des critiques émanant des directeurs des collèges privés au sujet de la formation dispensée aux élèves de Prevoc. On  aura peut-être alors une indication de la réaction du ministre sur cette décision du BEC.