Les examens de fin de cycle primaire sont arrivés à terme hier matin avec l’épreuve de mathématiques, redoutée par un grand nombre de candidats. Cependant, des enseignants affirment que le questionnaire cette année était à la portée des élèves d’un niveau moyen. Le MES est satisfait du « bon déroulement » de ces examens, indiquant que le processus pour la correction des scripts est enclenché aujourd’hui. Deux points sombres, qui ne doivent pas être ignorés par les éducateurs, sont à relever : le recours au téléphone pour tricher et le transfert d’une centaine de candidats de la filière Prevocational vers leurs collèges respectifs à la suite de quelques incidents dans l’enceinte des écoles primaires où ils prenaient part aux examens.
Le MES, qui chaque année est davantage sous pression dès le début du mois d’octobre, est ravi qu’il n’y ait eu aucune critique cette année sur les questionnaires du CPE. À signaler que l’inspecteur de Cambridge Examinations Syndicate qui est à Maurice pour superviser le déroulement des examens de SC et de HSC a aussi un regard sur ceux du CPE. Dès aujourd’hui, le MES met en branle le mécanisme pour la correction des copies, avec un échantillon des scripts pour définir le marking scheme. Les résultats seront communiqués au plus tard le 12 décembre et le resit pour ceux ayant échoué dans une seule matière aura lieu le 20 décembre. Ces derniers obtiendront alors le résultat de ce resit le 30 décembre. En revanche, c’est le ministère qui doit indiquer au MES le nombre de places disponibles en Form I dans les collèges nationaux et régionaux.
Cette année, on note deux cas de tricherie par le biais de téléphone portable, et qui ont pris au dépourvu les superviseurs. Les élèves étaient-ils au courant que le mobile est interdit en salle d’examens ? Et si oui, comment ont-ils pu dissimuler leur téléphone ? Qu’est-ce qui pousse un enfant de 11 ans à tricher ? Les parents prennent-ils soin de vérifier que leurs enfants laissent le téléphone à la maison avant d’entrer dans les salles d’examens ? Doit-on sanctionner ces élèves ? Que prévoit le MES dans ce genre de situation pour faire comprendre aux enfants qu’un tel geste ne correspond pas à l’esprit de compétition saine ?
Lucien Finette, le directeur du MES, rappelle que les règlements sont connus de tous car ils sont publiés et qu’il y a eu aussi une communication orale à ce sujet dans chaque école. Il ajoute que le but de ces règlements consiste à s’assurer que tous les participants à un examen aient une chance égale et à veiller à ce que cette équité soit respectée dans son intégralité. « Après avoir communiqué ces règlements à l’écrit et à l’oral, le MES ne peut faire autrement que de sanctionner ceux qui les défient pour en tirer un avantage. C’est une question d’éducation », souligne Lucien Finette.
L’autre point sombre durant ces derniers examens a trait aux incidents survenus le premier jour à Raoul Rivet G.S et à Jean-Lebrun G.S, à l’heure de la pause entre l’épreuve de français et celle de Science et qui ont mis en cause des candidats de la filière Prevocational Education.
Que s’est-il donc passé de si grave pour que le MES prenne la décision de transférer illico tous les candidats du Prevoc de ces deux centres d’examens vers leur collège respectif ? Le MES affirme qu’il y a eu un cas d’agression physique, des cas de bullying et des bousculades dans les escaliers ainsi que quelques provocations de part et d’autre.
Loin de cautionner ces cas d’indiscipline, certains estiment qu’il est regrettable que des cas isolés inacceptables de quelques élèves aient donné lieu dans le public à des commentaires disproportionnés et frisant parfois le ton hystérique à l’égard des élèves du Prevoc. Ils ont associé l’appellation « Prevoc » à ces incidents en soulignant « bann zanfan Prevoc » alors qu’il s’agissait de certains comportements à titre individuel.
Mais ce retour illico de ces candidats du Prevoc vers leurs collèges n’a pas laissé indifférents des enseignants de cette filière. « On a généralisé un ou deux cas de misconduct survenus en dehors de la salle d’examens alors que le MES aurait dû prendre des sanctions uniquement contre ceux qui ont mal agi. Par ce transfert collectif, le MES a insinué que tous ces candidats Prevoc sont des fauteurs de trouble et qu’il fallait les séparer. Le MES a fait le jeu des “anti- Prevoc” », avance, dans un accès de colère, un professeur.
Jimmy Harmon, Head of Department of Applied Pedagogy à l’ICJM et responsable du dossier Prevokbek, a fait part lui aussi de ses observations à l’Ombudsperson for Children dans une correspondance hier. Le pédagogue est d’accord que tout cas de « gross indiscipline must be severely punished by appropriate and proportionate actions » et ajoute que le département qu’il dirige « is in full solidarity with the pupils and the parents who have been profoundly disturbed by these incidents ». Néanmoins, il n’approuve pas le transfert immédiat de ces candidats vers leurs collèges qui, selon lui, n’a fait que renforcer la « stigmatisation » dont les élèves du Prevoc sont victimes. « I think that the decision to redirect indistinctly all prevocational students to another centre is unfair, disproportionate, psychologically disturbing and consolidates the general stigmatisation that prevocational students have always been carrying », écrit Jimmy Harmon, qui ajoute que la majorité de ces jeunes vivent dans des régions désavantagées. Ce professionnel de l’éducation souhaite que l’Ombudsperson mène une enquête sur ce qui a provoqué ces incidents « looking into all its causes, responsibilities and implications and make appropriate recommendations ».
La direction du MES soutient que tout candidat passant un examen doit bénéficier d’un environnement propice à donner le meilleur de lui-même. « Sur la base de ce principe, nous avons décidé de transférer ces candidats car nous ne voulions pas prendre de risques par rapport aux droits de prendre part à un examen en toute inquiétude. Le problème était assez sérieux dans ces deux centres d’examens et il fallait agir vite et immédiatement », explique Lucien Finette. Ce dernier maintient que « c’était la bonne décision » car les examens « se sont déroulés dans de bonnes conditions ». Le directeur réfute le terme « ségrégation » dans sa démarche en soulignant que les autres candidats Prevoc n’ont pas été transférés malgré les doléances venant d’au moins cinq autres centres d’examens protestant contre le comportement de ces candidats.