Les responsables des établissements primaires de la Zone 3 se sont réunis à France Boyer de la Giroday SSS à Plaine-Magnien hier dans le cadre d’un atelier de travail sur la sexualité à l’école. L’objectif de cette rencontre était de passer en revue la situation à Maurice et comment promouvoir l’éducation sexuelle à l’école dès le jeune âge en vue d’éviter des dérapages dans la société.
Présent hier lors de cette réunion sur l’éducation sexuelle à l’école, le ministre de l’Éducation a tiré la sonnette d’alarme sur les risques auxquels font face les jeunes. « L’enfant mauricien doit pouvoir mener une vie saine, productive mais surtout équilibrée et je crois sincèrement que l’éducation à la sexualité occupe une grande place dans cette mission », dit Vasant Bunwaree. 
Cet atelier de travail qui se poursuit dans les différentes zones, s’articule autour de la vision du ministère de l’Éducation pour développer une stratégie cohérente pour mettre en place de l’éducation sexuelle dans les écoles ainsi que dans la formation initiale et continue des enseignants. Le ministère compte par la suite introduire un projet qui vise à soutenir les jeunes de 14 à 17 ans dans leur développement en leur fournissant de l’information nécessaire et en nourrissant leur maturité affective. Et cela pour éclairer leurs choix en matière de sexualité. Pour le ministre de l’Éducation, la « tranche d’âge 6 – 17 est la plus vulnérable. Ces derniers temps, les médias font état de plus en plus de crimes à caractère sexuel perpétrés sur des sujets très jeunes, à savoir les filles et garçons qui fréquentent nos écoles. Les mots qui reviennent sans cesse sont viols, attouchements, grossesses précoces, avortement, maladies sexuellement transmissibles, pédophilie, perversité etc. Nous  ne pouvons rester insensibles face aux sévices auxquels ces jeunes sont exposés », dit-il. Ainsi, le Dr Bunwaree est d’avis que les maîtres d’écoles et les enseignants doivent se montrer vigilants. Le ministre de l’Éducation déplore toutefois que malgré la bonne volonté des enseignants pour venir en aide à ces jeunes, ils n’ont pas les compétences requises. D’où l’importance dit-il, de les former et de solliciter la collaboration des autres partenaires.
Pour renforcer l’impact de l’éducation à la sexualité, le ministre Bunwaree a ainsi lancé un appel aux personnes ressources pour intervenir directement auprès des élèves quand cela est nécessaire. Ces personnes, indique-t-il, nous viennent du ministère de la Santé, du ministère du Genre et du Développement de l’Enfant, du ministère de la Jeunesse et des Sports et de certaines ONG. « Elles partagent avec beaucoup de délicatesse une information, souvent sensible, sur des sujets tels que la puberté, les changements physiques et psychologiques, l’hygiène personnelle, et aussi les précautions à prendre pour éviter d’être exploité sexuellement », a soutenu le Dr Vasant Bunwaree. Et de préciser qu’« en général, l’enseignant a beaucoup d’empathie pour les élèves de sa classe, mais le tabou entourant la sexualité, le manque de confiance en soi fait que l’enseignant se retrouve face à un dilemme : il veut venir en aide à chaque enfant mais ignore les outils dont il a à sa disposition pour le faire. Les différents Ministères et ONG apportent leurs contributions et il aurait fallu que l’enseignant et le chef d’établissement soient au courant des ressources disponibles pour assumer mieux leurs responsabilités ». Le ministre de l’Éducation a par ailleurs soutenu que l’éducation sexuelle doit également se faire à la maison. Les comportements et les valeurs spirituelles, morales et légales, estime le ministre, peuvent et doivent s’apprendre et à la maison et à l’école et doivent faire partie de l’apprentissage de l’enfant dès le plus jeune âge. « Cet apprentissage doit être constant, régulier, adapté à chaque étape de l’enfance et doit couvrir l’adolescence également. L’éducation sexuelle se trouve déjà intégrée dans le cursus scolaire du cycle primaire au niveau d’une nouvelle matière, la Health & Physical Education, à partir de la première », a conclu le Dr Bunwaree.