A l’époque où les Corban, Derby O’Gill, Strident, King Sweep, entre autres, faisaient le bonheur des turfistes en devenant « Cheval de l’Année » à tour de rôle, on attendait impatiemment l’arrivée d’un futur « crack » capable d’émuler ces champions-là. La plupart des chevaux susmentionnés furent importés par le Mauritius Turf Club et ensuite alloués aux écuries. Pour apporter plus de mordant au sport hippique, certains propriétaires firent des acquisitions à titre personnel. Ainsi, Sir Radhamohun Gujadhur devint le propriétaire de Fantasma et Catmandu au milieu des années 70.
Une nouvelle qui se répandit comme une traînée de poudre fut l’acquisition d’un « boom horse », coursier de valeur hors pair. L’écurie Ruhee, championne en 1973 et ayant travaillé avec des jockeys de qualité comme Ray Setches, Ron Harris et Bill Smith, eut cette idée d’acquérir Prince Désiré, un coursier qui effacerait tous les records des tablettes du turf mauricien. Nul besoin de dire aux lecteurs qu’en ces temps, Strident fit figure de référence avec ses dix victoires en une seule saison. Ainsi, Prince Désiré serait la nouvelle coqueluche des turfistes en 1977.
Le palmarès du cheval fut flatteur avec ses nombreuses victoires en course de groupe en Afrique du Sud et également son association avec des jockeys de classe dont le fameux Michael Roberts. Prince Désiré débarqua à grands frais à l’Ile Maurice avec comme acquéreur Monsieur Norbert Poupard qui était aussi l’organisateur des paris hippiques dont la fameuse loterie « Poupard ».
Le « Mauritius Racing Guide », à sa première parution en 1977, fit étalage de la classe des champions en offrant un bel article à In the Veldt, gagnant de la Duchesse en cette année-là et surtout, mentionnant la fierté qu’était de voir évoluer à Maurice un coursier de la trempe d’un Prince Désiré. Avec son patronyme de « boom horse », ce cheval pourrait être perçu comme digne successeur de Strident et pourquoi pas du légendaire Prodigal, le seul gagnant de 56 courses au Champ de Mars.