L’ancien président de la république Cassam Uteem quitte Maurice ce soir pour se rendre en mission officielle en Égypte dans le cadre du processus découlant du Printemps Arabe. Il dirigera une mission d’observateurs internationaux lors du référendum des 14 et 15 janvier sur la nouvelle constitution égyptienne. Cette délégation panafricaine comprend une quinzaine de personnalités d’Afrique choisies par l’Electoral Institute for Sustainable Democracy in Africa (EISA).
« Les membres de la mission d’observateurs d’EISA vont se rencontrer bien avant le référendum au Caire en vue de procéder à une évaluation de la situation sur le terrain et répartir le travail d’observation dans les différentes régions du pays. Nous sommes conscients de l’enjeu de ce référendum et également de la situation délicate avec les actes de violence dans le pays. Nous souhaitions que cet exercice de consultations populaires se déroule dans les meilleures conditions possibles », a fait comprendre Cassam Uteem au Mauricien peu avant son départ pour le Caire aujourd’hui.
Le projet de référendum sur une nouvelle constitution annoncé par le président égyptien par intérim, Adli Mansour, ne fait pas l’unanimité en Égypte. Pour le pouvoir militaire installé après les événements du 3 juillet de l’année dernière avec l’éviction du pouvoir de l’ancien président Mohamed Morsi, le vote des 14 et 15 janvier doit permettre de ratifier la nouvelle Constitution, visant à remplacer celle suspendue par l’armée.
Ce référendum est présenté comme la première étape de la transition démocratique promise par l’armée, et doit être suivi cette année des élections présidentielle et législatives, selon un calendrier qui n’a pas encore été défini. D’importantes mesures de sécurité ont été déployées pour ces deux jours de référendum.
De leur côté, les partisans islamistes du président destitué Mohamed Morsi ont lancé un mot d’ordre de boycott de ce référendum. Dans un premier temps, l’Alliance anti-coup d’État, dominée par les Frères musulmans, avait envisagé d’appeler ses partisans à voter contre la nouvelle Loi fondamentale – dont le projet avait été rendu en décembre par une commission constituante – visant à maintenir de larges prérogatives à l’armée, comme la possibilité de juger, dans certains cas, des civils. Au fil de la campagne, le ton s’est durci avec l’Alliance anti-coup d’État privilégiant le boycott du référendum.
L’une des dernières voix autoritaires à se ranger dans le camp de la protestation est celle de l’influent prédicateur du Qatar Youssef al-Qaradaoui, d’origine égyptienne. Cette semaine, il appelé les Égyptiens à boycotter le référendum sur la Constitution dans une nouvelle escalade de la tension entre Doha et Le Caire. Dans un communiqué, le prédicateur considéré comme l’éminence grise des Frères musulmans a estimé que « la participation au référendum, ainsi que toute action pouvant renforcer le pouvoir issu du coup d’État ou lui conférer une légitimité (…) sont prohibées par l’islam ».