Inviter des héros de science-fiction en poésie : Superman, Batman, Spiderman, sans oublier Wonderwoman, ont été conviés au Printemps des poètes par Ziad Peerbux qui, après sa prestation du vendredi 13 avril à l’IFM, aura bien mérité le surnom de Slamman. Il a impulsé un slam éponyme, au rythme du guitariste Neshen Teeroovengadum, et a enthousiasmé un public happé par les déclamations contemporaines de ce chantre d’un nouveau genre.
Rarement aura-t-on vu audience aussi emportée à un récital de poésie. C’est dire que le slam est une forme de poésie adaptée à l’époque… dès l’instant que le slameur se débarrasse des thèmes éculés et des clichés “grand-corps-maladif” pour aborder une certaine authenticité, aussi bien dans le thème que dans la manière de dire les êtres et les choses ou les superhéros ! Ziad Peerbux a, le temps d’une prise de micro, éventé une dynamique propre à susciter l’engouement. La réceptivité de l’audience ne saurait mentir.
Voyage.
La guitare de Neshen Teeroovengadum a auparavant exhalé des riffs qui se sont mêlés aux paroles écorchées d’Alex Jacquin-Ng, qui a clamé des strophes d’une âme charcutée. Avant le tumulte causé par les poètes susmentionnés, a résonné la parole de Michel Ducasse. Il a décliné à sa manière notre “histoire marronne”, tout en célébrant la naissance d’une langue, et invité à “bwar mo parol, ziska langaz desoule”. Yusuf Kadel a entamé, au cours d’un poème de son cru, une discussion avec le café du matin et a notamment aperçu de mystérieux reflets dans un miroir. Ont aussi embarqué pour ce voyage poétique : Lisa Ducasse, Umar Timol et Jean-Claud Andou.
Hommage.
Les coups de ravanne ont résonné sous les mains de Daniella Bastien. Elle a enjoint le public à passer dans l’amphithéâtre où attendait Richard Beaugendre. Ce dernier a dévoilé une chanson extraite de son prochain album. Après quoi, un hommage a été rendu à quelques poètes mauriciens disparus. Ariana Cziffra lisant Jean Fanchette, Yusuf Kadel reprenant Raymond Chasle et Jean-Claude d’Avoine. Michel Ducasse a enchaîné avec deux poèmes de René Noyau, dont Séga de liberté. Umar Timol a prêté sa voix à Edwin Michel, et Jean-Claud Andou a invoqué Kélibé, Kéliba de Marcel Cabon, ainsi que l’Étranger de Magda Mamet.
Au Café Baudelaire attendait Éric Triton, rejoint, entre autres, par Jean-Louis Boully, Amanda Mouëllic et Yves-Alain Corporeau, qui ont clos ce printemps des poètes avant le savoureux boeuf mitonné par les trois guitaristes.