La promotion de la bonne gouvernance, à travers l’institution d’un Office of Public Sector Governance, sera l’une des priorités du ministère de la Fonction publique et des Reformes administratives. C’est ce qu’a annoncé en début de semaine le ministre de tutelle, Sutyadeo Moutia, lors d’une rencontre avec le personnel de son ministère au Vaghjee Hall.
« Le gouvernement va de l’avant avec l’Office of Public Sector Governance pour assurer la bonne gouvernance dans la fonction publique », a expliqué Sutyadeo Moutia à la centaine de fonctionnaires qu’il a réunis au Vaghjee Hall, à Port-Louis, pour leur faire part des priorités de son ministère cette année.
La bonne gouvernance (voir encadré) a trait à une manière de gouverner ou d’administrer qui est démocratique et transparente tout en étant efficace et performante. Elle implique également cette capacité de vouloir et de pouvoir rendre compte aux autorités compétentes et au public de ses décisions.
« Je pense que le ministère de la Fonction publique et des Réformes administratives a un rôle important à jouer dans ce domaine et que nous devons nous poser en modèle sur le sujet », a poursuivi Sutyadeo Moutia. « J’aurai personnellement à répondre au Premier ministre Navin Ramgoolam, au Cabinet, à l’Assemblée nationale et à la population en général », devait-il ajouter.
Le ministre a exhorté les fonctionnaires de son ministère à fournir un excellent travail. « Nous avons les ressources humaines, financières et logistiques et nous avons des engagements envers la communauté pour atteindre les résultats fixés. Nous devons oeuvrer pour une fonction publique moderne et efficace orientée vers l’excellence, offrir un service de qualité et en temps voulu aux usagers et améliorer la vie des citoyens tout en travaillant dans un environnement sûr et sain ».
Autre projet prioritaire du ministre : la mise en place d’un Help Desk. Ce service d’écoute sera destiné à recueillir les doléances des fonctionnaires pour pouvoir résoudre leurs problèmes en toute confidentialité.
Sutyadeo Moutia a également proposé de lancer une Newsletter, qui sera un outil de communication entre son ministère et les fonctionnaires. Une équipe rédactionnelle sera bientôt mise sur pied à cet effet.
Le ministre s’est par ailleurs attardé sur le projet de création d’un Civil Service College, projet annoncé l’année dernière. « La fonction publique qui a pour mission de satisfaire l’intérêt général et d’assurer le bon fonctionnement de l’administration en vue de combler les attentes des usagers a voulu se doter des moyens de son action. D’où ce projet qui devrait être une réalité vers le mois de juin cette année », a-t-il précisé. « Nous travaillons actuellement sur les attributions (“scheme of service”) de l’équipe qui dirigera ce collège. Nous pouvons par ailleurs compter sur le soutien et la collaboration d’organisations internationales et de pays amis comme l’Inde, la France et l’Australie et je suis confiant que nous sommes sur la bonne voie ».
Sutyadeo Moutia a également évoqué d’autres réalisations de ce ministère depuis son arrivée le 18 août dernier.
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Une direction capable, légitime et responsable
Par “gouvernance”, on entend généralement l’action de piloter, de diriger et de gouverner les affaires d’une organisation. Cette dernière peut être un pays, un groupe de pays, une région, une collectivité territoriale ou une entreprise publique ou privée. La gouvernance met l’accent sur les formes de coordination, de concertation, de participation et de transparence dans la décision. Elle favorise le partenariat des acteurs et la convergence des intérêts.
La notion de gouvernance repose en fait sur trois fondements ou postulats théoriques :
— Le premier concerne l’existence d’une crise de gouvernabilité, c’est-à-dire la perte de centralité de l’instance étatique et la moindre efficience et efficacité de l’action publique.
— Le second montre que cette crise reflète l’épuisement des formes traditionnelles d’actions publiques et le désillusionnement de l’opinion publique.
— Le troisième et dernier postulat concerne l’émergence d’une nouvelle forme de gouvernance qui soit mieux adaptée au contexte.
Cette nouvelle gouvernance se caractérise par « le passage de la tutelle au contrat, de la centralisation à la décentralisation, de l’État redistributif à l’État régulateur, de la gestion de service public à la gestion selon les principes du marché, de la “guidance” publique à la coopération des acteurs publics et des acteurs privés ».
La gouvernance implique ainsi, aujourd’hui, une nouvelle organisation du pouvoir et une nouvelle façon de gouverner la société. En somme, la gouvernance renvoie ici à ce qui pourrait être qualifié de nouveau paradigme de la gestion publique.
L’objectif d’une meilleure gouvernance actuellement poursuivi par maints État, tant du Nord que du Sud, comprend à la fois le désir d’une direction politique davantage capable, légitime et responsable et le projet d’une exécution administrative, techniquement correcte, moins coûteuse et plus efficace que celles auxquelles on s’était accoutumé.
Sources : « Démocratie, État de droit et bonne gouvernance en Afrique : le cas de l’Algérie », par Kouider Boutaleb, Faculté des sciences économiques et de gestion, Université Abou Bekr Belkaid Tlemcen, Algérie