En attendant la publication officielle par le Fonds monétaire international (FMI) du Mauritius – Staff Report for the 2012 Article IV Consultation et les priorités dans la conjoncture économique, la Banque de Maurice a pris l’initiative de publier sur son site web un avant-goût des recommandations par rapport à la politique monétaire et du taux de taux de change de la roupie. Les premières indications, qui ont filtré de la réunion du Board du FMI mercredi à Washington, indiquent que les priorités de l’heure sont le maintien du momentum pour la réforme en mettant l’accent sur la restructuration des corps para-étatiques aussi bien qu’un ciblage du programme de protection sociale en vue de le rendre plus efficient. En ce qui concerne les perspectives économiques, le FMI souligne que « the outlook for 2012 is broadly positive but uncertainties have grown ».
La préoccupation immédiate de la Banque de Maurice au sujet de ces consultations annuelles sur l’état de l’économie est axée sur les commentaires du FMI au sujet de la politique monétaire et du taux de change de la roupie. « The Executive Directors commended the Mauritian authorities for their skillful macroeconomic management and good reform track record. They agreed that the monetary policy stance was broadly appropriate and commended the monetary authorities for keeping inflation under control, while striking a proper balance between price stability and economic growth », lit-on sur le site de la Banque de Maurice depuis hier.
Pour ce qui est de la valeur de la roupie, qui a fait l’objet de commentaires de la part du vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval hier, au déjeuner annuel de l’American Chamber of Commerce, la Banque de Maurice, puisant dans le document encore confidentiel du FMI, avance que « the Executive Directors shared the Mission’s assessment that exchange rate was broadly appropriate and in line with the medium term fundamentals ». Un autre volet du communiqué de la BoM traite de la « soundness of the banking system » suite à des exercices de stress test dans le secteur bancaire.
Toutefois, l’analyse du FMI au sujet de l’évolution du taux de change de la roupie avance que « the authorities are concerned about the impact of a real exchange rate appreciation on export competitiveness ». Plus loin, le FMI ajoute que « during 2011, the real effective exchange rate (REEF) is estimated to have appreciated by 5 percent despite some interventions by the Bank of Mauritius ». Le FMI recommande un monitoring systématique de l’évolution de la roupie en ajoutant que « further real appreciation not warranted by fundamentals might be resisted through sterilized interventions, but such policies should also be supported by fiscal adjustment ».
Targeting
D’autre part, les dernières consultations du FMI sur l’économie, dont les conclusions ont été avalisées par le Board mercredi dernier, mettent l’accent sur la réforme dans deux principaux secteurs, soit la restructuration des corps para-étatiques et le targeting du programme de protection sociale tout en réclamant de la prudence par rapport au problème de l’endettement public.
Le FMI ne cache pas ses appréhensions devant l’impact macroéconomique des corps para-étatiques et la nécessité de faire des économies. Le rapport est arrivé à la conclusion que les 15 plus importants génèrent des revenus de l’ordre de 15 % du PIB, alors que les dépenses d’investissements représentant 8,5 % du PIB. Toutefois, sur plan de la performance financière la situation n’est pas aussi rose. Six des 15 State-owned enterprises ont enregistré de conséquents déficits opérationnels en 2010, soit le nombre le plus élevé de ces cinq dernières années. En sus de cela, les injections de fonds publics pour assurer le maintien en opération de ces corps para-étatiques représentent 2,7 % du PIB par an.
Faisant un plaidoyer pour une révision des tarifs des services pourvus par ces corps para-étatiques, notamment la Central Water Authority, le FMI trouve que « transfers to SOEs from the budget amounted to 2,7 percent of GDP in 2010, which suggests that SOEs do not charge full recovery-cost prices for their services. Raising tariffs to fill cost recovery would represent an important potential for savings and fiscal adjustment ».
La réforme du système de sécurité sociale est également « high on the IMF economic agenda ». Pour étayer ses dires en vue de l’adoption de la politique de ciblage, le FMI note que seul un sur quatre (24 %) des bénéficiaires directs ou indirects des programmes de protection sociale peut être classé dans la catégorie des pauvres. Le FMI note également que ceux qui n’en ont nullement besoin, soit ceux dans la catégorie des « richest 20 percent of the population », s’octroient 40 % du budget alloué pour le paiement de la pension de vieillesse.
À ce stade, tout semble indiquer que la teneur de ce rapport du FMI, dont la publication est annoncée comme imminente par la Banque de Maurice, devrait remettre au premier plan l’urgence des réformes dans certains secteurs économiques et non des moindres.