Quatre des neuf écoles de l’APEIM qui fermeront leurs portes en janvier se trouvent dans l’enceinte d’écoles primaires RCA. C’est fort de ce lien existant, et surtout de la réussite de l’intégration des enfants souffrant d’un handicap mental dans l’environnement scolaire du main stream, que le BEC a proposé au gouvernement de  prendre le relais pour la gestion de ces neuf écoles. Mais pour que le projet aboutisse, une aide financière de l’État s’avère indispensable. Par ailleurs, des parents d’enfants de l’APEIM ont commencé depuis hier à s’organiser pour se rendre au bureau du ministre de l’Éducation.
Les quatre écoles primaires catholiques ayant fait de la place, depuis plusieurs années déjà, aux enfants de l’APEIM  sont La Visitation RCA (Vacoas), St-Paul RCA (Phoenix), La Montagne RCA (Bell-Village) et Notre Dame de Bon Secours RCA (Port-Louis). « Il y a un accord entre l’APEIM et le BEC concernant cet espace que nous mettons à leur disposition. Au delà de l’espace, cette collaboration fait du bien à tous. Il existe un “vivre ensemble” et une socialisation de ces enfants souffrant d’un handicap. Il y a certaines activités du mainstream auxquelles ils sont associés. Ces enfants de l’APEIM sont bien intégrés à l’environnement », affirme Gilberte Chung, directrice du BEC, soulignant que cette cohabitation  date des années 90. Cette expérience positive a incité l’Éducation catholique à prendre ces écoles de l’APEIM en main. Mais cela a un coût. Et dans sa proposition au ministère, le BEC évoque la nécessité d’un appui financier, car il lui faut en effet trouver des fonds pour payer le personnel et couvrir les autres dépense courantes.
Jusqu’ici, le ministère de l’Éducation n’a pas réagi à la proposition du BEC, formulée au mois d’août, ni aux trois lettres envoyées par la direction de l’APEIM depuis mars dernier l’informant de sa décision de fermer ses écoles à partir de janvier prochain et invitant, par là même, le gouvernement à prendre le relais de l’éducation spécialisée pour les handicapés mentaux. « Pendant ces huit derniers mois, il n’y a eu aucune démarche de la part du ministère pour rencontrer les responsables de l’APEIM.  En revanche, nous étions présents à la réunion qu’il avait organisée avec les responsables de toutes les Special Education Needs Schools. C’était une occasion pour discuter de problèmes communs et non des cas spécifiques », explique Yves Giraud, secrétaire de l’APEIM.
Lors de la réunion d’hier, les responsables de cette organisation ont dressé l’historique des problèmes ayant conduit à cette décision de fermeture.  Ceux-ci étaient embarrassés de ne pouvoir donner aucune indication aux parents au sujet de l’éventuel “move” du ministère concernant leurs cas, mais ont insisté sur le rôle et la responsabilité de l’Etat pour l’éducation des enfants souffrant d’un handicap. « Li bien inzis ki less zot dan liniorans. Mo kone ki sa sitiasion la ouver laport a bann stress ek ki zot ena boukou linkietid. Zot bizin rest solider e fer atansion a bann dimoun ki pou profit zot detress pou koz toute sort kalite koze kont l’APEIM », a averti Irene Allesandri, directrice de l’APEIM, lors de cette réunion.
Des membres du personnel, incertains sur leur avenir professionnel à deux mois de la prochaine rentrée scolaire,  sont visiblement angoissés et perturbés par le mutisme du ministère et le manque d’informations. « Devons-nous attendre une communication du ministère avant de chercher un nouvel emploi ou devons-nous le faire tout de suite. Cette manière de faire des autorités est malsaine et presque machiavélique. Nous subissons un stress psychologique qui commence à être insoutenable », témoigne, avec beaucoup d’amertume, une enseignante.