Pour la troisième année consécutive, « et surtout avec la bénédiction du Commissaire des Prisons (CP), Jean Bruneau, ainsi que la collaboration de son personnel, de même que le comportement exemplaire des détenus », précise l’Achagar Soondarajen Maistry, la fête Cavadee a pu être célébrée dans l’enceinte de la prison de Beau-Bassin. C’était hier, aux alentours de 15 h. Environ 200 détenus ont participé aux prières tandis que sept d’entre eux ont porté le cavadee.
« C’est dans une atmosphère exceptionnelle teintée d’émotion et de ferveur que les détenus ont célébré Cavadee, hier, confirme l’Achagar Soondarajen Maistry. Ce qui m’a aussi beaucoup impressionné, c’est le sens de la discipline et le comportement exemplaire dont ils ont fait preuve pendant toute la préparation de cette célébration et, hier, lors de la fête. »
Depuis trois ans, maintenant, l’Achagar Soondarajen Maistry officie à la prison de Beau-Bassin. Et depuis autant d’années, les détenus tamouls peuvent célébrer la fête Thaipoosam Cavadee, l’une des fêtes les plus importantes du calendrier. « Le côté spirituel fait partie du programme de réhabilitation et de réinsertion, soutient le Commissaire des Prisons, Jean Bruneau. D’où la décision de démarrer avec l’aide des ONG et des chefs religieux qui oeuvrent à nos côtés, à la prison, ces projets d’inclure dans les activités des détenus, la préparation et la célébration des fêtes religieuses. Au fur et à mesure, quand nous avons constaté que ces activités et ces espaces aménagés pour les détenus en ce qu’il s’agit de leur vie spirituelle prenait davantage d’ampleur et avait une incidence positive sur leurs vies et leurs comportements, nous avons été encouragés à aller de l’avant. »
Environ 200 détenus étaient ainsi présents hier, dans l’enceinte de la prison de Beau-Bassin et au temple qui s’y trouve. « Sept détenus avaient fait le voeu de porter le cavadee, dit encore l’Achagar Maistry. Nous avons démarré les prières vers 15 h, en présence du CP Bruneau et de l’officier en charge. Les sept dévots ont ensuite participé aux rituels, dont faire trois fois le tour du temple et se percer la langue et la bouche au moyen des aiguilles en argent, symbolisant le Vel de Muruga. Puis, nous avons versé du lait sur Muruga. Tout a été fait comme si ces personnes se trouvaient parmi les leurs. Sauf que leurs proches et parents ne pouvaient être présents hier. Mais tous les rites et coutumes ont été respectés. »
Par la suite, les fidèles se sont réunis toujours au temple pour la grande prière. « Déjà, relève l’Achagar Maistry, quelques-uns m’ont approché pour me demander de les préparer pour qu’ils puissent célébrer le Cavadee et le porter, l’an prochain. » Pour Jean Bruneau, « cette expérience, forte en émotions et lourde de signification, apporte un élément positif dans la vie des détenus. Nous souhaitons surtout qu’ils respectent cet équilibre une fois qu’ils quittent la prison. »