Alors qu’elle se trouvait à l’hôpital Jawaharlall Nehru lundi dernier, que la détenue Parween J., âgée d’une trentaine d’années et qui purge une peine de 16 ans à la prison des femmes de Beau-Bassin depuis deux ans, aurait fait des allégations selon lesquelles « un haut gradé de cette institution aurait abusé d’elle sexuellement à deux reprises, les 11 et le 17 octobre derniers ». Selon différentes sources du milieu carcéral, « cette détenue n’en est pas à ses premiers démêlés avec le personnel. Elle est connue pour avoir souvent des disputes avec les officiers ». De même, affirme-t-on, « depuis qu’il a été muté à la prison des femmes et qu’il y a fait ses preuves, ce haut gradé a été victime à diverses reprises d’accusations et d’attaques de la part de détenues et d’autres personnes ». Une enquête à été initiée par la police.
« Il y a six semaines, indique-t-on dans le milieu de la prison des femmes, à Beau-Bassin, lors d’une fouille dans les cellules, des prohibited objects, dont des portables, ont été trouvés en possession de Parween J. De ce fait, la détenue a été présentée devant un comité disciplinaire et devait être incarcérée pendant deux semaines à la Special Female Prison Ward ; une cellule d’isolement où sont envoyées les détenues qui sont réfractaires à la discipline et aux règlements. » Le dimanche 4 novembre, alors qu’elle se trouvait dans cette cellule, Parween J. devait « se plaindre de crises d’épilepsie. Il s’avère, en effet, que cette détenue souffre d’épilepsie ». L’administration de la prison devait transférer Parween J. à la Female Ward de l’hôpital Jawaharlal Nehru de Rose-Belle. « C’est lundi, quand le médecin de service est passé pour autoriser la détenue à rentrer à la prison que celle-ci a déclaré qu’elle a été à deux reprises abusée sexuellement par un haut gradé de la prison des femmes. Elle a expliqué qu’à deux reprises, soit le 11 et le 17 octobre derniers, deux Female Prison Officers l’ont séquestrée dans sa cellule et que le haut gradé en question a abusé d’elle, sexuellement. »
Suivant cette déclaration de Parween J., « une entrée a été faite au poste de police de l’hôpital Nehru ; puis, l’enquête a été confiée à la police de Barkly, la détenue étant incarcérée à la prison des femmes de Beau-Bassin qui se trouve dans la special ward de Barkly ».
Dans les milieux de la prison, « nous, les officiers, sommes consternés par cette nouvelle ! » Le haut gradé pointé du doigt par la détenue Parween J. « a été victime d’une série d’attaques depuis quelques mois. Les faits remontent à la période où ce haut gradé, parti à la retraite, a été rappelé par l’administration de la prison parce que la situation était devenue ingérable à la prison des femmes ces sept dernières années. » Dans un premier temps, ajoutent ces interlocuteurs, « des lettres anonymes ont été envoyées à l’encontre du haut gradé. Puis, certaines détenues ont été enregistrer une plainte à la Human Rights Commission. Les allégations de la détenue Parween J. est, à notre sens, la dernière attaque en date, vu que les différentes tentatives pour déstabiliser ce haut gradé n’avaient pas fonctionné ».
Il convient de savoir que le haut gradé concerné se trouve actuellement « en congé. Son contrat arrivant à expiration, ce 11 novembre, il doit, selon les règlements, être temporairement en congé avant de reprendre son service, car son contrat a été renouvelé jusqu’en juillet 2013 ».
Pour l’heure, la Prisons Officiers Association (POA), syndicat des officiers de la prison, « attend les conclusions de l’enquête démarrée par la police. Nous avons pleinement confiance en la police et nous attendons ses résultats pour déterminer une marche à suivre ». L’ensemble du personnel de la prison est « consterné, souligne Siddick Lallmohamed, président de la POA, après avoir appris cette nouvelle. Cependant, à ce stade, nous ne voulons pas qu’il y ait ingérence dans l’enquête policière. En temps et lieu, nous prendrons position et viendrons éclaircir les zones d’ombre dans cette affaire ».