La prison des femmes de Beau-Bassin a accueilli hier la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, pour la célébration de la fête des Mères. Cette dernière a invité les détenues à profiter des formations et des activités de la prison « afin de mieux préparer votre réintégration dans la société ». Elle a aussi mis l’accent sur la nécessité pour la prison de prévenir les récidives. Pour l’occasion, les détenues ont reçu la visite de leurs enfants.
La prison des femmes compte 97 détenues, dont 37 sont en attente de leurs procès et 27 sont des étrangères. Trois enfants y habitent également avec leurs mamans. « Depuis quelques années, de nouvelles unités ont été mises en place, dont la Mother-child Unit, le Self Care, ainsi qu’une nouvelle prison ouverte, afin de préparer les femmes à avoir une vie meilleure à la sortie. Toutes les formations dispensées ici sont certifiées du MITD », a indiqué Annick Nelson, responsable de la prison et assistante au commissaire des prisons.
Ce matin, la présidente de la République a fait le déplacement pour rappeler aux détenues que la prison ne doit rester qu’une étape dans leur vie. Elle a appelé la prison à faire le nécessaire pour éviter les récidives. Citant Confucius, elle a avancé : « La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute. » Ameenah Gurib-Fakim a aussi déclaré que sa présence à la prison est « un témoignage de soutien et d’encouragement ».
De son côté, le Commissaire des Prisons, Vinod Appadoo, a rappelé l’importance des liens familiaux. Ce genre de célébration, a-t-il dit, vise justement « à raffermir les liens entre les détenues et leurs familles ». Pour l’occasion, plusieurs d’entre elles ont reçu la visite de leurs enfants. Le petit Emmanuel, né en prison d’une mère malgache, a exprimé des mots de bienvenue en anglais, avant de dire un poème pour sa maman.
La cérémonie a également été marquée par le témoignage poignant d’une maman qui a perdu son fils de 20 ans alors qu’elle purgeait sa peine. Ce témoignage a ému aux larmes d’autres détenues dans l’assistance. Une étrangère, qui purge une longue peine, a adressé un poème à sa mère, décédée récemment et qu’elle ne pourra jamais revoir. Les détenues ont également présenté un sketch, démontrant l’importance d’une mère dans la famille. Les femmes représentent 5 % de la population carcérale qui se chiffre à 2 285.