La Prison Officers Association (POA), syndicat défendant les intérêts des gardes-chiourmes depuis six ans, lors d’une conférence de presse au centre social Marie Reine de la Paix, s’est dit inquiète de la gestion au quotidien de la future prison de Melrose qui, dit-elle, fonctionnera en sous-effectifs. Selon les calculs des dirigeants syndicaux, cette prison moderne et high-tech nécessitera un personnel de quelque 350 officiers alors qu’ils ont eu vent que 125 officiers qui travaillent déjà dans les institutions pénitentiaires seront déployés vers la prison de Melrose et qu’aucun nouveau poste ne sera créé.
« Nous sommes dans le flou total au sujet de la prison de Melrose parce qu’il existe un problème de personnel dans nos institutions. Nous avons entendu dire qu’aucun nouveau poste ne sera créé et que 125 officiers seront puisés du pool de main-d’oeuvre actuel, ce qui n’est pas suffisant pour une prison aussi grande que celle de Melrose et qui a coûté plus de Rs 2,1 millions. Il faut au moins 350 officiers », estime Jayprakash Durbharry, président par intérim de la Prison Officers Association. Le syndicat lance de ce fait un appel pressant au gouvernement de remplir les postes vacants qui seraient au nombre de 50.
L’inquiétude au sujet du manque d’effectifs gagne également le personnel de santé dans le milieu carcéral. Kadress Runghen parle d’un « manque d’intérêt » pour le poste d’infirmier tout en détaillant les différents responsabilités et les tâches des infirmiers dans les prisons qui fournissent des soins aux prisonniers diabétiques, à ceux souffrant d’hypertension, de maladies cardiaques et de maladies de la peau, à des séropositifs et sans oublier la distribution de méthadone. « Nous, les infirmiers, opérons déjà en sous-effectifs et notre lot de travail est déjà énorme, qu’adviendra-t-il lorsque la prison de Melrose sera opérationnelle ? » s’interroge Kadress Runghen. Il en appelle au gouvernement, particulièrement au ministre des Finances Xavier-Luc Duval en marge du prochain budget, de prévoir une dotation budgétaire pour financer neuf established posts d’infirmier dans le milieu carcéral car la situation, dit-il, est devenue « urgente » avec une prison comme celle de Melrose qui nécessite sur place un personnel médical dédié 24h/24.
Le secrétaire de la POA, Jackie Kamanah, pour résumer les idées de ses confrères, estime que ce serait des milions « jetés dans l’eau » si la prison ne peut opérer correctement.
La Prison Officers Association a tenu une conférence de presse au centre social Marie reine de la Paix, soit la première depuis la constitution du nouvel exécutif en septembre dernier. Jackie Kamanah y a longuement abordé plusieurs sujets comme l’intention ferme du syndicat de contester devant la Cour suprême la récente élection du comité exécutif du Prison Officers Provident Fund (POPF). Le syndicat fera par ailleurs circuler une pétition auprès de différents organismes tels que les ONG travaillant avec les détenus, les associations défendant les droits de l’homme comme Amnesty International, des chefs religieux, entre autres, au sujet de la réintroduction du statutory remission ou le earned remission d’après un système de points évaluant la bonne conduite du détenu, sa performance au travail, entre autres. Le syndicat compte déposer cette pétition au Bureau du Premier ministre et également au président de la République Kailash Purryag.