La fonction d’un officier de la prison n’est plus de “turn-key”, il désormais appelé à interagir avec les prisonniers, nous a déclaré le commissaire des Prisons, Jean Bruneau. C’était à la fin du mois de mai, quelques jours avant le départ de six officiers des Prisons pour une formation en Australie. Il estime qu’il faut aussi réduire le nombre de détenus car nombre d’entre eux n’ont pas leur place en prison.
Jean Bruneau devait indiquer que la réforme en cours dans le système carcéral a pour but de le rendre plus humain en incluant un programme visant à aider à la réhabilitation des détenus à leur sortie de prison. « À l’époque, les officiers avaient seulement une fonction de turn-key, aujourd’hui, ils sont de plus en plus en relation avec les prisonniers. Ils discutent avec eux et apprennent à connaître leurs besoins. Cela fait partie du processus de réhabilitation ». Plusieurs programmes donnent l’occasion aux prisonniers de développer des aptitudes : travaux manuels, informatique, cours d’alphabétisation, entre autres.
« Les prisonniers sont très intéressés. Maurice s’inspire des modèles qui marchent comme au Canada, Australie ou même Singapour ». Les changements se font en consultation avec les prisonniers, les officiers, les magistrats, la police et les organisations non-gouvernementales qui oeuvrent pour leur bien-être.
« Ce qu’on dit, c’est qu’il faut réduire le nombre de détenus dans les prisons. Certains n’y ont pas leur place, comme ceux qui sont en attente d’un procès. Ils restent trop longtemps chez nous et pendant cette période, ils ne font pas grand-chose. Il y a aussi ceux qui viennent pour deux ou trois mois ; lorsqu’ils sortent, ils ont perdu leur emploi et leurs familles sont pénalisées aussi ».
À une question sur les risques qu’encourent ceux qui passent par l’univers carcéral, Jean Bruneau souligne que « si vous envoyez une personne en prison sans planifier son séjour, elle est laissée à elle-même et a alors tendance à développer des mauvais comportements. Quand les prisonniers sont oisifs, ils ont tendance à faire des choses qu’il ne faut pas. On les canalise dans des secteurs productifs, sur le plan technique ou éducatif, pour qu’ils ne voient pas le temps passer. Quand ils sortent, ils reprennent confiance en eux ». Plusieurs systèmes existent, poursuit le CP, par exemple, certains peuvent travailler pendant la semaine et purger leur peine en week-end, ou encore d’autres peuvent être libérés sur parole mais sous contrôle. « Cependant, à la moindre récidive, ils y retourneraient ». Pour notre interlocuteur, il faut une meilleur interaction entre les différents corps de métiers : magistrats, police, gardiens de prison et même les organisations non-gouvernementales pour trouver la meilleure solution au cas par cas. « Le judiciaire doit avoir un feed-back de ce qui se passe dans les prison. Depuis que nous avons rédigé notre plan, les magistrats de tous les tribunaux du pays sont venus visiter les prisons. Leur regard a changé. Alors qu’auparavant ils ne faisaient que signer des sentences, aujourd’hui, ils savent ce qui se passe dans les prisons ».