Depuis un peu plus d’un mois, « ils sont presqu’une centaine de détenus, principalement de la prison de Beau-Bassin, à être actifs sur les réseaux sociaux, surtout sur Facebook », expliquent des officiers des institutions carcérales. Ces détenus feraient usage de « portables dernier cri et très sophistiqués, qui leur permettent d’avoir accès à l’internet et ainsi, être sur Facebook ». Outre le fait que « posséder un portable, en prison, est un délit », il faut savoir qu’« un détenu, présent sur un réseau social et qui communique avec l’extérieur, représente un danger grave ! » De plus, estiment ces officiers, « nous avons eu, par notre internal intelligence, des informations selon lesquelles certaines des récentes arrestations liées à la drogue étaient liées à la présence de certains détenus sur Facebook… »
Cela fait un mois, déjà, que cette situation perdure, expliquent ces officiers des prisons. « On dénombre plus de 100 détenus qui seraient assez régulièrement actifs sur Facebook, continuent-ils. La plupart sont à la prison de Beau-Bassin et d’autres dans les autres institutions carcérales du pays. Il n’y a qu’à la New Wing et à La Bastille, Phoenix, qu’on n’a pas recensé de cas. »
Lors d’une récente rafle, menée le samedi 22 juin par 200 officiers de la prison de Beau-Bassin, « plus de 28 portables ont été retrouvés et saisis. Cependant, il n’y avait pas, parmi, des portables dernier cri et sophistiqués qui offrent la connexion à l’internet et donc, au réseau social Facebook ». Ces officiers déplorent que « les portables qu’utilisent ces détenus pour communiquer via Facebook sont donc encore en circulation ! Les portables que nous avons saisi, dernièrement ne sont pas des appareils sophistiqués ou de la dernière génération… »
Pour ces officiers, « le fait qu’un détenu soit en possession d’un portable alors qu’il se trouve derrière les barreaux constitue déjà un délit ! Maintenant, quand ils s’affichent sur le réseau social Facebook et qu’ils communiquent avec l’extérieur, cela devient encore plus grave ! » Il y va de la sécurité et cette situation engendre ainsi une « breach of confidentiality », soutiennent-ils. « Ils communiquent des informations qui ne doivent pas être connues et qui mettent en péril notre condition », rappellent-ils.
Qui plus est, soulignent nos interlocuteurs, « tous les détenus, qui sont actifs sur Facebook, ne sont pas des drug related offenders ; certains ont opté pour ce moyen afin de communiquer avec leurs familles, parents, amis, entre autres. Mais en ce qu’il s’agit de ceux qui purgent une peine pour des délits liés à la drogue, nous avons eu des informations selon lesquelles ils se servent de cette plateforme pour garder contact avec leurs complices et entretenir leurs réseaux. »
Les services de renseignements internes de la prison ont, effectivement, révélé que « certains des détenus utilisent l’interface Facebook pour communiquer avec leurs complices, leur donner des instructions, et ainsi faire marcher leurs trafics ». Dans le sillage de cette affaire, l’administration des institutions pénitentiaires a réagi, il y a ne quinzaine de jours.
Deux orders ont été émis. L’un était destiné aux officiers et l’autre, aux détenus. « Plusieurs détenus qui ont été interrogés sur cette affaire ont laissé entendre qu’il y avait connivence entre certains détenus et des officiers, qui leur avait facilité la tâche. De ce fait, la direction des prisons a tenu à rappeler à chacun leurs responsabilités et ce qu’ils encourent s’ils étaient trouvés coupables de ces délits ! »
L’instruction parvenue aux officiers leur rappelle leur devoir et leurs limites, précisant que s’ils étaient trouvés complices dans cette affaire, ils seraient passible d’une peine, ayant prêté concours dans un criminal offence. S’agissant des détenus, l’instruction qui leur a été envoyée leur rappelle qu’en tant que détenu, ils n’ont pas le droit d’avoir en leur possession un téléphone portable et qu’être présent sur un réseau social où ils partagent des informations comme détenus relève d’un criminal offence.
« Dès que l’on parvient à établir l’identité des détenus qui sont impliqués dans cette affaire, poursuivent nos interlocuteurs, des sanctions seront prises. » Par ailleurs, il nous revient que « certains détenus n’ont pas pris de précautions et ont affiché leur vraie identité sur leur page… »
Le Commissaire des Prisons, Jean Bruneau, est actuellement en mission à l’étranger. « Dès son retour, expliquent ces officiers, la priorité sera l’acquisition de ce Jammer — un brouilleur de pistes autant pour les appels téléphoniques que pour les connexions virtuelles — afin de venir à bout de ce problème ! »