« Le style du commissaire s’apparente à la politique pratiquée par le MSM, caractérisée par la répression et l’intimidation ».

Le parti Lalit réclame « la révocation du commissaire des prisons Vinod Appadoo » dans le sillage « des nombreuses mesures répressives prises ces derniers temps, dont l’interdiction de la cigarette et celle touchant l’argent de poche des détenus ». Alain Ah-Vee, membre du parti, explicite la position de Lalit.

« Lalit est foncièrement contre cette décision du commissaire des prisons Vinod Appadoo d’interdire la cigarette de manière unilatérale chez les détenus, déclare d’emblée Alain Ah-Vee. Nous sommes contre toutes les mesures punitives et répressives. Celles-ci ne vont nullement améliorer les choses, mais bien au contraire les faire dégénérer. De ce fait, Lalit réclame la révocation pure et simple de Vinod Appadoo. Sa manière de faire est en contraste direct avec celles de ses prédécesseurs, dont Jean Bruneau, qui avait une approche plus humaine des prisons. » Dans le même souffle, Alain Ah-Vee note que « le “style” de Vinod Appadoo n’est pas du tout étranger aux dirigeants du jour », précisant : « En effet, quand le MSM est au pouvoir, il y a toujours cette propension vers la répression et les méthodes d’intimidation. » Notre interlocuteur donne un exemple : « Quand un ministre a un souci quelconque, il fait appel à qui ? La police ! Et qu’avons-nous en ce moment ? Des caméras qui sont placées partout autour de l’île, des pouvoirs accrus à la police… Tout cela est typique du MSM ! » Il ajoute : « L’autre mesure, qui concerne la suppression de l’argent de poche déposé par les proches et parents des détenus, « s’inscrit dans cette même logique. »

Le membre de Lalit argumente encore que « dans les autres pays aussi, on a essayé d’appliquer la politique “non-fumeurs” » dans les prisons. « Mais en échange, les détenus ont eu des cigarettes électroniques et des “vaping kits”, surtout pour les plus endurcis et accros à la nicotine. » Alain Ah-Vee fait remarquer que « nous ne connaissons que très peu » l’univers carcéral. « Un détenu est privé de toutes formes de liberté. Il est cloisonné dans un espace toute la journée. Il n’a pas les mêmes accès que nous pour manger ce qu’il veut et quand il veut. De ce fait, d’un point de vue purement humain, lui interdire comme cela l’accès à la cigarette s’apparente à une forme de torture qu’on lui inflige. »

Dans un autre ordre d’idées, toujours s’agissant de l’univers de la prison, Alain Ah-Vee rappelle que plus de 40% des détenus se trouvent en “remand”. « Donc, ils n’ont pas encore été condamnés. Suivant quels critères peut-on donc leur imposer cette interdiction ? » D’autre part, il soutient : « Quand on procède à la déclinaison de la population carcérale, on découvre qu’une grande majorité des détenus se trouvent en prison parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer leurs cautions. Ce système est injuste ! Et quand on sait que le taux de rechute est largement au-dessus de la moyenne ainsi que le fait qu’un fort pourcentage de ceux qui se trouvent emprisonnés est constitué de toxicomanes, soit des consommateurs de substances illicites, on s’interroge vraiment. »

Alain Ah-Vee est d’avis qu’il « faut réaliser que nombre de personnes se retrouvent derrière les barreaux pour des raisons sociales ». Il poursuit : « Notre société est ainsi faite que la personne est confrontée non seulement à des violences psychologiques, mais aussi économiques. Comment, dans cette perspective, est-ce que punir apportera des solutions ? Au contraire, cela ne va faire qu’empirer les choses ! »