Assumant l’intérimat comme ASP à la prison de Richelieu depuis mai, c’est avec soulagement, et beaucoup de joie, que Jackie Kamanah, officier du pénitencier depuis 1980, a accueilli hier la nouvelle de sa confirmation à son poste. « Cette promotion est une excellent nouvelle ! C’est un très beau métier que le mien. Je souhaite que les jeunes s’y engagent. C’est un métier difficile, mais il est très gratifiant sur le plan humain. » Portrait d’un passionné…
« Nous ne sommes pas que des ‘turn-keys’ ! Travailler au sein de la prison relève d’un engagement, d’une responsabilité que l’on assume jusqu’au bout. » C’est en ses mots que Jackie Kamanah, officier de la prison comptant une carrière de plus de 30 ans, évoque son métier…
Hier, c’est de la bouche du Commissaire des Prisons, Jean Bruneau, que Jackie Kamanah a appris qu’il a été promu ASP, poste qu’il occupait, en intérimat, depuis mai dernier, à la prison de Richelieu. Et fidèle à son habitude, ce père de famille s’est rendu à son travail… Une nouvelle ère qui démarre pour l’officier promu ? Évidemment. Mais surtout, un avenir qu’il envisage avec tout autant de rigueur et de vision, comptant parmi ses principes depuis toutes ses années de service. Car Kamanah n’est pas de ceux à se contenter du minimum : membre fondateur de la Prisons Officers’ Association (POA), syndicat des officiers de la prison, il a été reconduit à son poste de secrétaire depuis le 26 septembre. Dans le même esprit, ce syndicaliste et militant dans l’âme a été élu secrétaire général de la Fédération syndicale du service civil (FSSC) le 26 juillet. Autant de preuves, s’il en faut, pour témoigner de la nature de cet homme assoiffé « de vérité et de droiture ».
Jackie Kamanah est connu dans le secteur syndical comme l’un de ceux qui ne mâchent pas ses mots. Une « grande gueule » en somme. « C’est un très beau métier que le mien. Nous travaillons avec les êtres humains. C’est cela la matière première avec laquelle nous avons affaire quand on est officier de prison ! » Et de renchérir : « Évidemment, ce n’est pas facile de gérer les individualités, les personnalités et les caprices des uns et des autres ! Cela représente un défi énorme, déjà pour soi, mais aussi face aux nombreux obstacles de la vie et de ce métier. » Mais, continue notre interlocuteur, « même si c’est un métier très ‘demanding’, ce n’est pas pour autant qu’il faut se contenter de la facilité ».
Fort de ses 32 ans de service dans le milieu carcéral, J. Kamanah lance un appel aux jeunes et leur demande de « s’engager au sein de la prison, à venir partager cette expérience unique et humaine ». Mais attention, avertit-il : « Je leur conseille vivement d’éviter d’être de mèche avec les détenus. Il faut qu’ils comprennent quelle est leur mission. Ce travail mérite sérieux et conscience. Il n’y a pas de place pour l’amateurisme ou autre fanfaronnades ! » Il souligne : « Armez-vous de beaucoup de courage et concentrez-vous sur votre devoir. Il y a de l’avenir au sein de la prison… »
Sa promotion, il la dédie à « la POA, dont les membres m’ont toujours soutenu, mais aussi à ma famille, ma femme et mes enfants, qui ont été à mes côtés dans tous les bons et mauvais moments. » Mais qu’à cela ne tienne, Jackie Kamanah n’envisage pas de sitôt de prendre sa retraite ! « J’ai beaucoup de projets encore en tête en tant qu’officier. » À cet effet, il mentionne le Strategic Plan pour la prison pour les années 2012/22 : « Il y est question de changer, d’améliorer l’image même de la prison. Il faut que dans l’opinion publique, nous ne soyons plus perçus comme de simples ‘ouvreurs de cellules’, des ‘turn keys’. »
Dans cette perspective, J. Kamanah rappelle : « Depuis que Jean Bruneau a été nommé Commissaire des Prisons, il a fait comprendre qu’un de ses objectifs sera de remplir les 200 postes vacants qu’il y avait jusque-là au sein de nos institutions pénitentiaires. Des postes qui, occupés par des candidats adéquats et efficaces, permettent une meilleure gestion des ressources et assurent une efficacité des services dispensés. » À ce jour, continue notre interlocuteur, 29 Principal Prison Officers (PPO) ont été nommés. « Et il ne reste que six à sept postes encore vacants dans les différents services au sein de la prison. »
Jackie Kamanah ne peut s’empêcher de relever : « Quand j’ai rejoint la prison, en 1980, il n’y avait, à l’époque, que deux ASP. Aujourd’hui, on est 48 à occuper ce poste. Cinq autres, qui sont actuellement des ‘cadets’, viendront renforcer nos rangs d’ici un an environ. » Et d’envisager ses prochaines années avec optimisme : « Qui sait ? Peut-être qu’une autre promotion m’attend… ? »