Mark Florman, CEO de British Private Equity and Venture Capital Association (BVCA) a estimé hier après-midi que l’heure de l’Afrique a sonné. « Le présent siècle est celui de l’Afrique », a-t-il lancé lors de son intervention à la Private Equity Conference on Africa organisée par le Board of Investment (BOI) à Balaclava. Parlant de Maurice, il a trouvé en notre île un « pays fabuleux qui accomplit un travail formidable » avant d’insister qu’on cesse de parler de l’île comme une « tax-haven » à travers le monde.
« Nous sommes tous unanimes à le dire : 5 millions d’Africains vont émerger bientôt. Je fais de mon mieux à Londres pour dire au gouvernement britannique et aux Européens qu’il est temps d’investir en Afrique », a déclaré M. Florman, qui intervenait à la deuxième session de cette conférence sur le thème « Africa and the global economy », présentée par Anver Versi, rédacteur en chef du African Business. Il a ajouté avoir suggéré au gouvernement britannique, qui prend la tête du G8 bientôt, de concentrer ses efforts sur le business en Afrique et de traiter ce continent « comme un partenaire égal ». « J’espère qu’il en sera ainsi », a-t-il dit.
Mark Florman a insisté qu’il existe d’énormes opportunités actuellement en Afrique. « L’Afrique fait partie de l’investissement privé global et de la croissance globale. Vous avez là-bas des gens qui travaillent dur, de grandes économies et démographies incroyables », a-t-il martelé, avant de faire ressortir que tous ces avantages font l’objet d’une mauvaise presse, mal informée. « Les émeutes de samedi dernier à Tunis et les problèmes actuels au Sénégal sont repris par les médias largement dans la presse britannique et américaine et présentés comme « this is Africa », a-t-il ajouté. Le CEO de la BVCA a souhaité qu’on fasse quelque chose à ce sujet, tout en estimant qu’il faut aussi bâtir le « rule of law » et des institutions, pays par pays, en Afrique.
Pour le modérateur, Anver Versi, « there are moments of destiny, soit vous les prenez soit vous les laissez tomber et ils partent ». « Now is the moment for Africa’s destiny. If Africa is to grab this opportunity, it needs investors », a-t-il affirmé.
Est intervenu à la fin de cette session, le ministre congolais du Développement industriel et de la promotion du secteur privé, Rodolphe Adada. Il a parlé de la vision de son pays par rapport à la promotion des facilités d’investissements. Pays pétrolier, le Congo, a-t-il dit, est confronté au défi de comment sortir des industries purement extractives comme le pétrole qui domine aujourd’hui 80 % de son économie pour une économie plus diversifiée. « Le gouvernement s’est engagé à promouvoir les investissements privés hors-pétrole. Il a fait de la diversification de l’économie et du dialogue entre les secteurs public et privé les deux défis majeurs pour le développement du secteur privé et rendre l’environnement des affaires plus attrayant pour l’investissement privé », a-t-il indiqué. Selon lui, six axes de croissance ont été suggérés dans le plan national du développement du Congo 2012/2016 : le pétrole et le gaz, les mines, l’agriculture et l’agro-industrie, les forêts et les industries du bois, les bâtiments et les matériaux de construction et l’éco-tourisme. M. Adada a aussi déclaré que le gouvernement congolais a initié une démarche stratégique en vue de promouvoir la création des industries dans des zones spécifiquement aménagées. « Nous voulons, à terme, créer des zones industrielles, des zones franches, des zones économiques spéciales dans tous les départements du pays. Le gouvernement s’est engagé dans un vaste programme d’investissement privé basé sur le développement des infrastructures du transport, de l’énergie et des télécommunications sans lesquelles tout développement ultérieur est impossible », a-t-il fait ressortir.