Nous, citoyens de la République de Maurice, déplorons la montée en puissance des associations dites socio-culturelles et autres groupes religieux dans la sphère de la vie publique, un phénomène qui malheureusement atteint ces jours-ci son paroxysme, cela dans le cadre de la campagne menant aux élections du 10 décembre prochain.
Nous estimons que le débat public devrait se centrer autour des valeurs de la République telles que les droits et devoirs du citoyen, le respect et l’indépendance des institutions républicaines, l’égalité du citoyen et de ses chances de réussite nonobstant une quelconque appartenance, le  partage et la tolérance.
Surtout, nous estimons que le débat public devrait, comme dans toute république digne de ce nom, privilégier la notion de l’intérêt collectif au détriment des intérêts sectaires, partisans ou communautaires.
Aussi, nous condamnons le plus fortement possible l’importance accordée aux considérations purement ethniques ou religieuses dans le choix et le placement même des candidats par les principaux blocs politiques.
D’autre part, nous avons été choqués par (et condamnons sans réserve) les promesses faites aux associations dites socio-culturelles, notamment la promesse d’augmentation de subsides, déjà en elle-même une question qui suscite énormément de débats dans un état séculier comme le nôtre, et d’accorder d’autres avantages hors taxes à ces groupements sectaires ou communautaires.
Nous appelons donc à la responsabilité des politiciens de tous bords afin qu’ils abandonnent les discours communautaires et afin que le débat public en général et la campagne électorale en particulier ne soit pas minés par des considérations autres que l’intérêt collectif.