L’Association des Consommateurs de l’Île Maurice (ACIM) se félicite des retombées de son mouvement de protestations. Elle soutient que les consommateurs ont pu bénéficier d’économie de Rs 360 millions sur les prix des carburants. Mais elle dénonce catégoriquement la police.

« La police s’est transformée en police politique pour bloquer nos manifs », estime Jayen Chellum, porte-parole de la Plateforme pou baisse prix lessence ek diesel. Celle-ci entend organiser d’autres rallyes et manifestations en vue d’obtenir une baisse additionnelle de Rs 2 sur l’augmentation des carburants de mai dernier « car la taxe est au-dessus de ce qu’elle aurait dû être ».

« Nous avons pu aider la population à économiser Rs 360 M depuis mai. Mais il y a encore Rs 360 M qui auraient dû rester dans nos poches », soutient Jayen Chellum, qui intervenait hier lors d’une conférence de presse.

Il a rappelé que depuis la création de la plateforme, en mai dernier, l’association « a beaucoup sensibilisé sur les prix exorbitants » du diesel et de l’essence. « Nous avons recherché la transparence sur la structure des prix des produits pétroliers et nous avons demandé de réduire la taxe, et non les prix », précise-t-il.

Il rappelle qu’après l’augmentation de Rs 4 en mai, « la plateforme a contraint le gouvernement à couper la poire en deux » à travers une baisse de 50%. « Mais notre bataille continue pour la baisse des deux autres roupies. »

La plateforme déplore qu’à chaque fois qu’elle a essayé d’organiser un rallye, « nous nous sommes heurtés au blocage de la police, ce qui nous a fait avoir du retard » dans l’organisation.

« À quatre reprises, nous avons eu à reporter notre manif. La police s’est mutée en police politique pour bloquer nos manifs. Comme condition, nous devons payer Rs 1 500 pour organiser un rallye et nous ne sommes pas censés faire du bruit. »

La plateforme déplore en outre que « la police nous empêche d’utiliser des porte-voix alors que c’est permis aux commerces ». La station de télévision nationale a également été égratignée.

« Nos conférences de presse passent en brève alors que quand le ministre parle, on le passe pendant longtemps. Il y a aussi une certaine partie de la presse censée être indépendante qui fait intervenir le ministre. »

Par ailleurs, Jayen Chellum déplore le fait que « le gouvernement a manipulé l’opinion » publique. « Le ministre fait croire que le prix international a tellement augmenté qu’il doit y avoir une augmentation des prix. »

Et d’indiquer avoir envoyé le 18 septembre dernier une lettre à la STC pour lui poser une série de questions en vue de « jouer la carte de la transparence ».

Il a d’autre part établi une comparaison des prix des carburants à Maurice et à l’étranger pour montrer que des pays comme l’Allemagne et le Canada ont un salaire moyen bien plus élevé alors que les prix des carburants, dans ces pays, sont plus ou moins comparables, « voire moins coûteux » qu’à Maurice. « Il est clair que Maurice est un des pays où l’essence se vend le plus cher par rapport au salaire moyen. »

De même, il dit regretter que « le gouvernement utilise la taxe sur l’essence pour déprécier la roupie, ce qui a favorisé le textile et le sucre au détriment des consommateurs ». Selon la plateforme, si elle n’avait pas organisé le rallye dimanche dernier, la décision du Petroleum Pricing Committee aurait pu avoir des décisions différentes. « Cela montre que malgré les bâtons mis dans nos roues, le rallye a eu son importance. »