Le Mauricien publie chaque semaine, suite à une proposition de l’Organisation Internationale de la francophonie (OIF) un petit extrait d’un des romans finalistes du Prix des cinq continents 2014, jusqu’à la proclamation du lauréat prévue le 26 septembre prochain. Ce prix littéraire a placé plusieurs écrivains mauriciens sur la scène internationale, le tout dernier étant Amal Sewtohul, lauréat 2013 pour son roman Made in Mauritius.  
Les finalistes du Prix des cinq continents 2014 sont connus depuis fin juin. Au nombre de dix, ces auteurs représentent cette année quatre pays, mais il ne faut pas se fier aux apparences. D’un ouvrage à l’autre, ces lectures peuvent entraîner le lecteur dans des univers et préoccupations fort différents à l’image de l’extraordinaire diversité de l’espace francophone. « Cette sélection 2014 reflète une ouverture des auteurs sur le monde et leur capacité d’ancrer leur roman au-delà de leur culture d’origine, ils parviennent ainsi à jeter des ponts entre des mondes différents. Leurs personnages se forgent une identité en se confrontant à l’altérité. » Ces mots accompagnent la sélection qu’ont proposé les différents comités de lecture qui oeuvrent à la préparation du prix littéraire de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).
Comme nous l’explique le lauréat 2013, l’écrivain mauricien Amal Sewtohul, ce prix résulte d’un lent processus démocratique : « C’est un très beau prix qui est le fruit d’un processus de sélection très démocratique. Toutes les maisons d’édition peuvent envoyer des textes, des jurys se réunissent dans différents pays… Cela signifie que quand on arrive à cette étape du prix, les livres choisis ont déjà été lus et commentés par de très nombreuses personnes. »
Cent-trois romans d’expression française ont concouru pour cette treizième édition. Les dix finalistes qui en résultent ont été choisis par les représentants de quatre comités de lecture que sont Passa Porta de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Association des écrivains du Sénégal, l’Association du Prix du jeune écrivain de langue française en France et le Collectif des écrivains de Lanaudière du Québec. Compte tenu de l’étendue de l’espace francophone, il est clair que ces comités ne se limitent pas aux territoires dans lesquels ils sont implantés.
Le jury présidé par Jean-Marie Gustave Le Clézio désignera le lauréat 2014 à l’issue des délibérations, le 26 septembre prochain à Paris, mais le prix sera officiellement remis à Dakar en novembre, en marge du XVè Sommet de la francophonie. Les membres de ce jury reflètent la diversité francophone avec des personnalités du Québec, de Tunisie, Hong-Kong, du Liban ou encore d’Haïti auxquels il faut ajouter… le lauréat de l’année précédente. Après avoir participé à de nombreux événements littéraires aux quatre coins de l’espace francophone, Amal Sewtohul a dans les semaines à venir un bon programme de lecture, à côté de ses responsabilités professionnelles et associatives.
Le premier extrait proposé ci-dessous fait référence à un des livres remarqués de la rentrée littéraire française 2013. En lice pour plusieurs prix, le texte de Frédéric Verger a finalement remporté le Goncourt du premier roman. L’histoire se déroule pendant la seconde guerre mondiale en Marsovie, riche principauté fictive d’Europe centrale. Dans un texte plus court, Carole Zalberg entraîne ses lecteurs dans le récit d’exil d’un père et de sa fille avec Feu pour feu. Édité au Québec, La dérive des jours du Québécois Jonathan Gaudet se présente comme le « roman de la catastrophe, mais aussi du défi et de l’espoir ». Histoire d’amour entre une femme et celles qui l’ont tour à tour fait naître, allaitée et élevée, Man est le quatrième roman de l’écrivain d’origine vietnamienne, Kim Thuy.
Hubert Mingarelli situe son nouveau roman au Japon après la démobilisation de 1946, mettant en jeu un soldat qui tente de rejoindre l’île d’Hokkaido. Dans Meursault, contre-enquête, l’auteur algérien Kamel Daoud répond au plus célèbre roman d’Albert Camus, L’étranger, le prolongeant en quelque sorte au XXIè siècle. L’auteur belge Antoine Wauters fait quant-à-lui le récit d’un jeune garçon dans un pays en guerre au Proche-Orient. Mêlant passé et présent, Sonia Beachler fait revivre le passé de son arrière grand-mère, Marie-Adèle, dans le Valais suisse. Connus pour ses oeuvres théâtrales, Larry Tremblay raconte dans L’Orangeraie l’histoire de deux frères jumeaux, Amed et Aziz, à l’enfance sacrifiée par la guerre. Enfin, Les souliers de Mandela est un premier roman où le personnage de Fleur Fontaine partage sa découverte de l’Afrique-du-Sud.