La STC a accumulé des réserves de l’ordre de Rs 2,05 milliards et envisage de transférer quelque Rs 1,45 milliard dans le Consolidated Fund pour l’année financière 2015-16. De plus, le ministre de l’Industrie et du Commerce Ashit Gungah a annoncé l’institution d’un comité technique pour revoir le plafond et le seuil fixé dans le cadre du Petroleum Pricing Mechanism afin d’augmenter et réduire le prix de l’essence et du diesel de manière plus appropriée. Le leader de l’opposition, Paul Bérenger, a insisté pour que ce comité fasse ses recommandations le plus rapidement possible, prenant en compte le « crash » des prix du pétrole sur le marché mondial et la promesse faite par Xavier-Luc Duval de baisser de Rs 10 les prix de l’essence et du diesel.
L’exercice de Private Notice Question a été marqué par une prise de bec entre Rajesh Bhagwan et des députés de la majorité, forçant la Speaker, Maya Hanoomanjee, à intervenir. De son côté, Shakeel Mohamed a essayé en vain d’obtenir des détails sur les profits réalisés par litre d’essence depuis la résiliation du contrat de Betamax alors que Adil Ameer Meea n’a pas caché, lui, sa frustration de n’avoir pas réussi à poser une question, bien que son interpellation ait été fusionnée avec celle de la PNQ dans la réponse parlementaire du ministre Gungah.
Le leader de l’opposition avait, dans sa PNQ adressée au ministre de l’Industrie et du Commerce Ashit Gungah, demandé de rechercher auprès de la STC, par rapport à l’essence et au diesel, le montant de la contribution au Build Mauritius Fund en 2014 et l’estimation de celle de 2015, ainsi que de dire si les prix du carburant (diesel et essence) seront réduits sur le marché local de Rs 10 le litre tenant en compte que le prix mondial du pétrole a chuté de 60% depuis juin 2014, entraînant une baisse des prix à travers le monde. Paul Bérenger a de plus demandé au ministre de révéler le montant du surplus enregistré par la STC en 2014 ainsi que pour la période janvier-juin 2015. L’interpellation du député Ameer Meea portait, elle, sur le prix du carburant, sur la raison pour laquelle il n’y avait pas eu de baisse de prix et sur le “break down” des composants des prix du carburant par litre.
Le ministre Gungah a répondu que la contribution de la STC au Build Mauritius Fund s’est élevée en 2014 à Rs 339 550 030 et que les estimations pour la période de janvier à décembre 2015 est de Rs 1 363 615 334. Concernant le montant total collecté entre janvier  2014 et août 2015, celui recueilli pour le Build Mauritius Fund est de Rs 1 121 165 364. Concernant le prix du carburant à l’international, le prix de l’essence est passé de USD 1 021,32 la tonne métrique à USD 519,22, soit une baisse de USD 502,010, ou encore -49,16%. S’agissant du prix du diesel, celui-ci est passé de USD 118,76 à 59,05 le baril, soit une baisse de USD 59,71 (-50,28%). Le ministre a révélé qu’entre août et décembre 2014, il y a eu trois baisses de prix de l’essence et du diesel de l’ordre de Rs 6,30 pour l’essence et de Rs 6,15 pour le diesel.
En janvier 2015, la contribution au Build Mauritius Fund par litre est passée de Re 1 à Rs 4 tandis que la contribution pour Rodrigues est passée à 16 sous par litre. N’était-ce cette augmentation, le prix de l’essence et du diesel aurait baissé de Rs 9,70 et Rs 9,60 respectivement. Le ministre a reconnu que le montant et le seuil actuel fixés pour la baisse des prix dans le cadre du Petroleum Pricing Mechanism empêchent une diminution appropriée, d’où l’institution d’un comité technique pour revoir toute la question.
En ce qui concerne le surplus enregistré par la STC en 2014, le ministre a révélé que celui tournait autour de Rs 442 millions. Entre janvier et juin 2015, il est estimé à plus de Rs 428 M. Les réserves accumulées au 30 juin sont estimées à Rs 2,05 milliards. Rs 1,45 milliard ont été “earmarked” par la STC afin d’être transférées au Consolidated  Fund pour 2015-16. Le ministre a indiqué au Parlement qu’avec la baisse du prix mondial du gaz, le montant des subsides a diminué pour la période janvier-juin 2015, comparé à 2014. Par conséquent, les prix sont restés inchangés, ce qui explique l’augmentation du montant des réserves pour la période de six mois.
Paul Bérenger : En février, en réponse à une question, vous aviez dit que la contribution de janvier à juin sera de Rs 1,8 milliard. Comment se fait-il qu’elle soit tombée à Rs 1,35 milliard. Qu’est-ce qui a changé ?
Ashit Gungah : C’est du au fait que la vente des produits pétroliers n’est pas fixe, mais varie.
Paul Bérenger : Les réserves accumulées s’élèvent à plus de Rs 2 milliards et, à part les profit de Rs 1,35 milliard, des milliards de roupies sont puisées des poches des consommateurs. Est-ce que le montant mentionné a déjà été transféré au Consolidated Fund ?
Ashit Gungah : On ne peut pas parler de profits réalisés sur la vente de l’essence et du diesel.
Paul Bérenger : Voulez-vous dire que la STC n’est pas en train de réaliser des profits ?
Ashit Gungah : On ne peut parler de profits.
Paul Bérenger : Appelez cela comme vous voulez mais des milliards de roupies sont transférées dans d’autres fonds.
Ashit Gungah : Ce sont des profits accumulés pendant des années.
Paul Bérenger : Quel est le montant qui a déjà été transféré ?
Ashit Gungah : La STC vend les produits pétroliers et les revenus sont mis à la disposition du gouvernement pour financer des projets.
Paul Bérenger : Vous avez fait référence à Betamax. La STC a accumulé des réserves de plus de Rs 2 milliards sur une certaine période. Quel a été l’impact observé depuis la résiliation du contrat de Betamax, soit depuis le début de l’année, sur les prix par litre ?
Ashit Gungah : Nous payons le fret moins cher. Les réserves ont été accumulées pendant une période de 15 ans.
Paul Bérenger : Quelle est la baisse réalisée par litre et pourquoi cette baisse n’a pas été transférée aux consommateurs ?
Ashit Gungah : Les règles fixées par le PPM empêchent cette baisse de prix. C’est la raison pour laquelle j’ai institué ce comité technique, afin que toutes les augmentations et toutes les baisses enregistrées soient transférées aux consommateurs.
Paul Bérenger : En juin 2014, le prix de l’essence sur le marché mondial était de USD 115 et aujourd’hui, il est de moins de USD 50. Xavier-Luc Duval avait promis une baisse de Rs 10. Pourquoi le prix de l’essence n’a pas baissé de Rs 10 ?
Ashit Gungah : I’m bound by the Petroleum Pricing Mechanism. C’est la raison pour laquelle nous voulons dégager une nouvelle formule.
Paul Bérenger : Vous étiez au courant que la formule empêche toute baisse. Pourquoi ne l’avoir pas changée ?
Ashit Gungah : L’actuelle formule a servi les consommateurs parce qu’alors que les prix étaient en hausse pendant 23 mois, les prix du carburant à Maurice sont restés stables.
Paul Bérenger : Dans tous les pays du monde, les prix du carburant ont baissé. Sauf à Maurice… Avez-vous fixé un délai pour les recommandations du comité technique et est-ce que ces recommandations auront des effets rétroactifs ?
Ashit Gungah : Nous avons fixé un délai d’un mois mais les recommandations n’auront pas d’effets rétroactifs.
À ce stade, Ashit Gungah a expliqué que les prix pratiqués à l’étranger sont plus élevés qu’à Maurice, citant notamment en exemples les Seychelles et la France, précisant que c’est également le cas pour le diesel. Osman Mohamed a voulu connaître le montant récolté à l’item MID et à quel ministère cet argent a été remis. Le ministre a répondu qu’en 2014, le montant était de Rs 123 millions, montant par ailleurs identique en 2015. Il a toutefois précisé que le MID ne tombe pas sous son ministère et qu’il ne peut par conséquent pas en dire plus. Shakeel Mohamed a pour sa part demandé des détails sur les profits réalisés par litre après la résiliation du contrat de Betamax. Le ministre a alors donné des explications, mais sans jamais toutefois donner les profits réalisés par litre.
Rajesh Bhagwan a, lui, observé que les taxes et autres ponctions sur les prix du carburant sont estimées à 117%. Cette remarque devait provoquer de vifs échanges. Sans compter que Ameer Meea a vivement protesté car n’ayant pu poser de question.