Jean-Lindsay Dhookit et Sandiabye Ittoo sont les grands gagnants du Prix Jean-Fanchette 2015. Ils sont aussi les représentants de cette littérature vivante aux Mascareignes dont parle J.M.G Le Clézio, le président du jury de ce prix. Cette année, ce jury a pris connaissance des vingt-huit textes (manuscrits et livres) qui lui ont été soumis. Quelques textes se sont distingués par leur originalité et leur qualité littéraire, après une lecture attentive. Ces textes ont exprimé sous des formes très différentes — théâtre, essai, roman ou nouvelles — “une unité d’inspiration, et une volonté d’engagement par l’écriture. Ils montrent avec évidence la puissance créatrice et la vivacité de la littérature aujourd’hui à Maurice et aux Mascareignes.” Le jury, après délibération, a décidé de donner le Prix Jean Fanchette 2015 à deux oeuvres, la première, « Cette brûlante envie de servir » de Jean-Lindsay Dhookit. Il s’agit d’une pièce de théâtre sur le thème du désenchantement politique sous les traits de la satire. Le genre théâtral étant rare dans le paysage littéraire mauricien, le jury a exprimé son souhait que la publication et la représentation de l’oeuvre de M. Dhookit permettent aux Mauricien de l’apprécier. La deuxième oeuvre récompensée est « La Proscrite » , une novella de Sandiabye Ittoo, “un texte d’une grande beauté littéraire qui nous fait partager le voyage extrême d’une jeune femme violentée et battue par son mari, condamnée a la honte et a la disparition…”, ecrit Le Clézio dans son rapport. Outre ces deux lauréats, le Jury a distingué deux ouvrages, le roman de Mary Jane Perrine, « Citoyens d’en bas », qui met en scène avec émotion le parcours tragique d’une jeune Rodriguaise en exil à Karo Kalyptis à Maurice. L’autre est le roman de Bertrand d’Espaignet, « Les Bâtards de la République », qui conte avec brio la vie romancée d’un héros de l’histoire mauricienne, Adolphe de Plevitz.
A signaler qu’après le Prix Jean-Fanchette, Le Prix Nobel de littérature 2008, J.M.G Le Clézio a reçu le titre de Dr Honoris Causa lors de la cérémonie de remise des “masters” à quelque 125 étudiants de la première cuvée de l’Open University of Mauritius au Mahatma Gandhi Institute (MGI), à Moka. L’occasion pour Le Clézio de prononcer ce beau discour sur l’éducation : « C’est à la fois un bouclier et une arme. Il faut savoir que le monde est dangereux, que la vie n’est pas facile, et qu’en recevant la “graduation” ou l’éducation qu’elle symbolise, vous recevez un moyen de vous défendre dans la vie contre les injustices, les abus et les difficultés qui pourraient vous submerger. L’éducation est une protection, une barrière. L’éducation n’est pas seulement un moyen de se défendre, mais aussi de comprendre et d’aller vers les autres. De devenir généreux. J’espère que vous allez suivre cette voie grâce à l’éducation que vous avez reçue et aux savoirs que vous ont transmis vos maîtres. »
Par ailleurs, le directeur, K. S. Sukon, a annoncé dans son discours la création d’un Centre de recherche sur l’interculturel.