Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ashit Gungah, a lancé ce matin un appel aux industriels et aux opérateurs économiques pour leur demander que la baisse sensible des prix de l’essence et du diesel soit reportée sur les consommateurs.
Le Petroleum Pricing Committee, qui s’est réuni hier, a annoncé une baisse du prix de l’essence, qui passe de Rs 41,35 à Rs 38,85 le litre, alors que le prix du diesel est passé de Rs 32,75 à Rs 29,50 le litre. Dans une déclaration au Mauricien ce matin, Ashit Gungah a observé qu’il est « clair » que c’est « grâce à la nouvelle formule appliquée par la PPC » que les consommateurs et les opérateurs économiques peuvent bénéficier de la baisse des prix des produits pétroliers au niveau mondial. « C’est la deuxième fois depuis novembre 2015 que nous mettons en application cette nouvelle formule pour calculer les prix. Nous avons changé de mode de calcul pour fixer le prix de référence. De plus, nous puisons dans le Price Stabilisation Account afin de permettre aux consommateurs et aux opérateurs de bénéficier de cette baisse », a affirmé le ministre. Selon lui, si l’ancienne formule était encore en vigueur, il n’y aurait eu aucune baisse. « Avec deux baisses substantielles en l’espace de deux mois et demi, je lance un appel aux industriels et aux opérateurs économiques pour leur demander de transmettre ces baisses aux consommateurs. »
Réagissant sur la baisse des prix des produits pétroliers, Suttyhudeo Tengur estime que celle-ci reflète la situation sur le marché mondial. « Cette baisse donnera un coup de pouce à la croissance économique et créera un “feel good factor” », est-il d’avis. Toutefois, a-t-il observé, « ce n’est pas le cas pour le prix du diesel qui, tenant compte de l’évolution des prix dans le monde, aurait dû accuser une baisse de Rs 5 ».
Suttyhudeo Tengur avance que cette révision des prix des produits pétroliers aurait dû être suivie d’une baisse des prix de l’électricité et du transport. Il souligne à cet effet que, dans un pays orienté vers l’exportation comme Maurice, le poids actuel de la facture d’électricité et celle du transport « ne contribue pas à rendre nos produits compétitifs ».
Pour sa part, Jayen Chellum, secrétaire général de l’ACIM, observe que le gouvernement « n’a fait aucun cadeau » aux consommateurs. « Au contraire, le gouvernement reste le principal bénéficiaire de la structure des prix. »
« Nous estimons que les ponctions gouvernementales sur le prix de l’essence sont supérieures à 22% alors qu’elles sont de plus de 19% pour le diesel. Ce qui est aberrant, c’est que la contribution initialement prévue pour “hedging” est utilisée pour d’autres raisons désormais, sans compter les ponctions pour le Business Mauritius Fund, pour le renouvellement des flottes d’autobus, pour la RDA… Concernant cette dernière, nous ne savons quel montant est accordé », a estimé Jayen Chellum. Concernant les subventions sur le riz et le gaz ménager, le secrétaire général de l’ACIM observe que la consommation de riz ration a connu une baisse sensible alors que le prix du gaz ménager, lui, « a baissé considérablement, au point que la bonbonne aurait dû seulement coûter Rs 185. » Il poursuit : « On prend l’argent du peuple sans transparence et sans aucune rationalité. Alors que des milliards de roupies sont accordées aux grands propriétaires terriens à titre de conversions des terres agricoles dans le cadre des projets de Smart Cities, on refuse d’abolir les contributions inutiles qui figurent dans la structure des prix de l’essence et du diesel. Nous envisageons de porter cette affaire en cour. »