Poonam Kangloo, médecin généraliste avec spécialisation en psychiatrie adulte, s’est démarquée le mois dernier en remportant le premier prix de la Société Royale de Médecine Mentale de Belgique. Cette récompense est décernée à ceux qui ont pu apporter une contribution favorisant le progrès de la psychiatrie dans plusieurs domaines. À Maurice récemment, Poonam Kangloo, qui est originaire de Triolet, élabore sur ces projets dans ce domaine où, dit-elle, il y a encore beaucoup à faire. Elle mène actuellement des travaux de recherches sur les maladies neurodégénératives.
Cela fait presque douze ans que Poonam Kangloo travaille à l’étranger. Son parcours dans des hôpitaux spécialisés en psychiatrie en Angleterre, en Irlande et en Belgique lui a apporté une riche expérience dans ce domaine. Le mois dernier, la jeune Mauricienne a présenté un projet de recherche qu’elle a effectué sur l’association du tabagisme en psychiatrie. Dans sa thèse, elle a voulu démontrer l’influence du tabac sur les psychotropes et l’influence de la nicotine sur les médicaments quand une personne souffrant de troubles psychiatriques fume. Ainsi, souligne-t-elle, la prévalence du tabagisme est plus élevée dans tous les troubles mentaux, surtout la dépression et la schizophrénie, avec des liens complexes et multifactoriels. En cas de trouble psychique, dit-elle, l’arrêt du tabac augmente le risque de rechute et de récidive de la dépression et semblerait diminuer le taux d’abstinence. Pour cette raison, estime-t-elle, de nouvelles stratégies doivent surmonter les obstacles à l’arrêt du tabac en milieu psychiatrique et améliorer les interventions auprès des fumeurs.
Ce travail a fait d’elle le premier Mauricien à décrocher ce prix dans la catégorie psychiatrie biologique. En 2007, Poonam Kangloo avait aussi obtenu une distinction pour un projet sur le diabète et les maladies cardiovasculaires. Poonam Kangloo travaille actuellement en tant qu’assistante en psychiatrie adulte à l’hôpital psychiatrique du Beau Vallon en Belgique. Actuellement, elle travaille davantage avec les patients souffrant de maladies neurodégénératives telles que l’Alzheimer et le Parkinson afin de s’y familiariser. « C’est un moyen pour moi d’acquérir encore plus d’expérience », dit-elle.
D’ailleurs, elle a aussi eu l’occasion de travailler pendant quelques années dans des hôpitaux spécialisés de santé mentale pour les enfants et les adolescents en Angleterre et en Irlande. Sa vocation lui est venue après un premier diplôme en médecine de l’université de Latvia.
Par ailleurs, Poonam Kangloo compte aussi plusieurs publications dans divers domaines traitant de la toxicologie et la dépendance aux psychotropes. Elle a eu à maintes reprises l’occasion de mettre à profit son expérience en travaillant comme experte juridique dans des procès pour lesquels l’expertise psychiatrique était requise. Poonam Kangloo anime aussi des sessions de formation.
Retourner s’installer à Maurice, Poonam Kangloo y pense. En effet, elle souhaite répandre ses connaissances propres en vue de favoriser les progrès de la psychiatrie. Dans deux ans, elle compte rentrer à Maurice et surtout apporter son expertise concernant les problèmes de suicide, qui dit-elle affecte de plus en plus notre société. Elle espère pouvoir un jour concilier la pratique de la médecine et la recherche. « Je remarque qu’il y a du potentiel mais pas assez de recherches effectuées alors que c’est très important », dit-elle.