La situation de l’eau à Maurice est critique. Mais le vice-Premier ministre tient à rassurer la population. Rashid Beebeejaun affirme ainsi : « Je pense qu’on va rapidement s’occuper de la région de Mare-aux-Vacoas et ensuite de toute l’île. » C’était en réponse aux questions de la presse au courant de la semaine concernant la situation de l’eau dans le pays, durement touché par la sécheresse. Il a par ailleurs indiqué que les experts singapouriens suggéreront fort probablement l’interconnexion des réseaux pour pallier le problème de distribution d’eau. Mais d’insister toutefois sur la responsabilité citoyenne concernant la problématique du gaspillage d’eau.
Rashid Beebeejaun devait indiquer que le réseau de distribution d’eau à Maurice date de plus de 100 ans dans certains endroits, le qualifiant même de complètement dépassé et d’inefficient. « C’est un réseau qui est en asbestos… totalement dépassé parce qu’il y a des technologies nouvelles. C’est pour cela qu’on a fait appel au groupe singapourien. »
Le Premier ministre adjoint poursuit : « Ce n’est pas seulement les institutions comme la Central Water Authority (CWA), l’Irrigation Authority ou la Water Resources Unit qu’il faut revoir, mais tout le système. Et y introduire une méthode scientifique. On ne peut pas dépendre des personnes qui opère manuellement des valves, il faut moderniser. »
En outre, il note que le problème de l’eau à Maurice est aussi dû à un changement climatique, tout en rappelant qu’il y a quelques années, les pluies étaient abondantes et Mare-aux-Vacoas était débordée, et ce à deux reprises. Mme Beebeejaun rappelle aussi la sécheresse qu’a connu le pays en 1999 et des mesures qui avaient été prises. Et d’insister sur le manque de responsabilité citoyenne car, quand il y a la pluie, l’on a tendance à gaspiller, souligne-t-il.
40 000 m3 par jour
Dans le cadre de la situation actuelle, il affirme : « On a fait ce qu’il fallait. On a pris de l’eau de Mare-Longue, des rivières, des boreholes et d’autres sources. On a importé des machines spéciales (le Water treatment plant) pour traiter l’eau. Aujourd’hui, grâce à cela, on est arrivé à 40 000 m3 d’eau par jour. Il y a des dépenses. Année après année, depuis les années 80, on parle de modernisation du système. Or, Singapour a une perte d’eau de 5 %. Aucun pays au monde n’a une perte aussi basse. Quand on parle de 50 % de pertes à Maurice, il y a des régions ou l’on perd plus. Mais il y a aussi des ‘commercial losses’, des compteurs qui ne marchent pas. Si on fait abstraction de tout cela, le ‘leakage’ est de 40 % et il faut le ramener à 20 %. Ce que vous voyez, c’est seulement la moitié du problème. Il y a de gros et petits tuyaux qui coulent. Aujourd’hui, il y a des technologies modernes. Cela prendra des années. Singapour a mis dix ans. »
Rashid Beebeejaun précise qu’en ce qui concerne le problème dans la région de Mare-aux-Vacoas, « on va s’en occuper très vite » avant de toucher toute l’île. Et de mentionner une solution : l’interconnexion des réseaux. « Les réseaux de distribution, à l’exception de ceux de Port-Louis, ne sont pas interconnectés. Port-Louis est connecté à Calebasses, qui est lui-même connecté à La Nicolière », soutient-il. Évoquant le pompage, il rappelle que cela coûte cher. Quant aux Water rights, il réitère l’intention du gouvernement de les revoir. « L’eau appartient à la nation. Les water rights users ont le droit d’utiliser ce dont ils ont besoin. Le reste, c’est pour la nation. »