L’Association des commerçants de Beau-Bassin/Rose-Hill a fait servir hier au conseil municipal des villes soeurs et au commissaire de police, une mise en demeure les enjoignant à se conformer strictement à leurs engagements pris en Cour suprême, en vertu d’un jugement prononcé le 10 janvier 2012 interdisant toutes activités des marchands ambulants à Beau-Bassin/Rose-Hill. Si rien n’est fait, l’Association compte réclamer des dommages au nom des membres qui, dit-elle, subiront l’impact négatif des commerces illégaux.
Dans cette mise en demeure, l’Association des commerçants de Beau-Bassin/Rose-Hill, par le biais de son homme de loi, Me Dushyant Ramdhur, avoué, rappelle au conseil de la ville de Beau-Bassin/Rose-Hill et au commissaire de police leurs engagements en Cour suprême pour prendre les mesures nécessaire afin d’empêcher qu’opèrent des hawkers ou marchands ambulants ne détenant pas les permis nécessaires selon les provisions du 8th schedule de la Local Government Act. L’association rappelle de plus que la municipalité et le commissaire de police avaient tous deux pris l’engagement de « continue to provide assistance to avoid obstruction by hawkers and/or marchands ambulants from the streets, highways, roads, brides, lanes, mews, footpaths, squares, courts, passages, gulters of the town of Beau-Bassin/Rose-Hill ». L’Association des commerçants de BB/RH, qui existe depuis plus de 30 ans, avait en effet logé un main case en Cour suprême après que des ordres intérimaires ont été émis par le juge en Chambre en décembre 2010.
L’Association estime que le non-respect du jugement de la Cour suprême rendu en janvier 2012 constitue un outrage à la cour. Depuis ce jugement, en effet, les marchands ambulants ont continué à déferler inlassablement dans les rues du centre-ville de Rose-Hill et à occuper des endroits stratégiques, soutient Prakash Permala, le président, « en dépit des nos protestations en écrit et de vive voix au cours des réunions tenues séparément et conjointement avec les représentants de la force policière et ceux du conseil municipal de Beau Bassin/Rose-Hill ». La dernière réunion en date, souligne-t-il, était le 11 septembre dernier en présence des députés Lysie Ribot et Deven Nagalingum. « Malgré les engagements pris de part et d’autre, la situation est restée pratiquement la même avec les mêmes têtes occupant les mêmes endroits, les mêmes parkings publics avec leurs véhicules en stationnement des heures durant à la même place, et les mêmes passages publics jour après jour », souligne notre interlocuteur.
Dans son édition du mercredi 4 décembre dernier, Le Mauricien faisait état de la crainte d’invasion des marchands ambulants dans les villes soeurs en cette période de fin d’année, et surtout après la démolition des étals de Curepipe. De son côté, le maire, Toussaint André, que nous avons sollicité, avait répliqué en donnant l’assurance que les inspecteurs municipaux veilleraient à lutter contre la présence de marchands ambulants, plus particulièrement le long de la route Royale, du poste de police de Rose-Hill jusqu’au Plaza et à la Place Margéot.
Dans une nouvelle déclaration au Mauricien à la mi-journée, l’Association dit craindre le pire pour le centre de Rose-Hill dans les jours qui viennent « et surtout à la veille de Noël et du Nouvel An ». « L’année dernière, c’étaient des jours cauchemardesques pour les commerçants, les marchands ambulants venant de toutes parts avaient envahi le centre de Rose-Hill et deux routes principales furent fermées, sans préavis, semble-t-il, à la circulation pour les aménager. Nous ne voulons absolument pas qu’un tel scénario se reproduise cette année-ci après que les commerçants, y compris les occupants des foires Arab Town et Da Patten, eurent payés leurs permis d’opération jusqu’au 31 décembre 2013 et encouru d’énormes frais comprenant, entre autres, les loyers mensuels exorbitants tout le long de l’année pour donner de la vie au centre-ville », affirme Prakash Permala.
L’association émet une sévère mis en garde contre le conseil municipal de Beau-Bassin/Rose-Hill et le commissaire de police si aucune mesure concrète n’est prise pour régler ce problème de commerces illégaux. Elle envisage ainsi de réclamer aux deux parties une compensation. Si ces dernières ne se conforment pas aux demandes et exigences formulées dans cette notice légale, elle avertit que le conseil et la police « will be personally liable jointly and in solido to pay to and/or to compensate each and every member of the Association for any damage they will suffered », en conséquence directe de leur inaction.