Naserah Bibi Vavra, surnommée « la reine de Plaine- Verte », fait face à un procès en Cour intermédiaire sous une accusation de blanchiment d’argent. Depuis l’ouverture du procès, en août 2016, les séances ont été ajournées à de nombreuses reprises. Cette fois, lors de la comparution de l’accusée mardi, c’est l’avocat de l’ICAC qui n’était pas présent, car étant à l’étranger. Le magistrat Raj Seebaluck a bien fait comprendre qu’il ne tolérera pas un nouveau renvoi.

Naserah Bibi Vavra est poursuivie en Cour intermédiaire sous dix accusations sous les articles 3 (1)(b),6 et 8 de la Financial Intelligence and Anti Money Laundering Act 2002 (FIAMLA). Selon les accusations portées contre elle, l’Independent Commission against Corruption (ICAC) lui reproche d’avoir acheté une Mercedes-Benz C200 L coupé Saloon suite à un emprunt contracté auprès de l’ABC Finance and Leasing Ltd, obtenu grâce à l’usage d’un faux document.

Concernant les autres chefs d’accusation, elle est accusée d’avoir effectué deux dépôts de Rs 200 000, trois dépôts de Rs 100 000 et des dépôts de Rs32000etRs50000à la banque Baroda en 2006. La police suspecte que ces sommes proviennent du trafic de drogue. Les dé- lits allégués auraient été commis entre janvier et octobre 2006. Elle a plaidé non-coupable.

Cela fait plus de trois ans que le procès se pour- suit et Naserah Vavra a même changé d’avocat. Elle est désormais représentée par Me Siddharta Hawaldar. Hier, en raison de l’absence de l’avocat de la commission anti-corruption, qui n’était pas à Maurice, le magistrat, déjà excédé du fait que l’accusée s’était présentée une première fois en cour sans son avocat, n’a eu d’autre choix que de renvoyer une nouvelle fois le procès, précisant que ce sera le dernier renvoi qu’il tolérera. La prochaine audience a été fixée au 18 juillet.

Ce procès a été institué près de dix ans après les faits. Par la suite, lors des étapes préliminaires, son homme de loi d’alors avait demandé à de multiples reprises des renvois avant que le procès ne soit enfin pris sur le fond. Lors d’une audience, les trois dépositions prises avec Naserah Vavra à l’ICAC en mai 2013 avaient été lues. Elle avait expliqué que c’est en 2006 qu’elle a épousé Siddick Islam, alias Ti Ner, qui purge actuellement 30 ans de prison pour trafic de drogue. Elle s’était défendue sur les sommes d’argent en sa possession, qu’elle a déposées à la banque Baroda, en expliquant qu’elle a travaillé en Italie comme femme de ménage et que, de retour, à Maurice, elle vendait des produits importés. Elle avait expliqué qu’elle ne se souvenait pas avoir déclaré ses impôts entre 2005 et 2007, mais qu’elle l’avait fait en 2012.

Concernant la Mercedes Benz C200 L coupé Saloon qu’elle à acquis suite à un emprunt auprès de l’ABC Finance and Leasing Ltd, l’ICAC lui a fait comprendre qu’elle avait utilisé de faux relevés bancaires et de faux reçus de dépôts pour ses démarches. Naserah Vavra avait expliqué que la Mercedes Benz était une voiture accidentée d’une valeur de Rs 500 000 et qu’elle avait tout fait selon les procédures.