Le beau-frère du ministre Nando Bodha, Kailash Trilochun, a perçu des honoraires de plus de Rs 19 millions pour représenter l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA) dans un procès intenté par Emtel. Ce chiffre, révélé par le Premier ministre à l’Assemblée nationale hier, a jeté la stupeur dans les rangs de l’opposition, criant au scandale. Le député Reza Uteem n’a pas manqué de faire ressortir que Kailash Trilochun touche déjà Rs 3 millions de l’ICTA en tant que conseil légal.
Rs 19 198 436. C’est la somme que l’ICTA a accepté de verser à l’avocat Kailash Trilochun pour ses services dans un procès intenté par Emtel Ltd. Roshan Rajroop obtient, lui, Rs 461 150 pour la même affaire. Le Premier ministre a précisé que l’ICTA a pris cette décision le 19 avril 2016 car deux mois plus tôt, le State Law Office (SLO) a fait savoir qu’il ne pouvait représenter plusieurs parties du fait que le ministère de la Technologie informatique et Mauritius Telecom sont également concernés dans cette affaire. Leurs positions pouvaient donc être différentes. La somme mentionnée concerne ce cas précis. Après déduction de la taxe, le montant revient à Rs 18 697 608 pour Kailash Trilochun et Rs 449 120 à Roshan Rajroop.
Cette révélation de sir Anerood Jugnauth a donné lieu à des commentaires dans les rangs de l’opposition. « Shocking, shocking ! », ou encore « Apel sa “swindling”, kot good governance ? », pouvait-on entendre. Reza Uteem est revenu à la charge, précisant que Kailash Trilochun touchait déjà Rs 3 millions de l’ICTA en tant que conseiller légal. Il remplissait également le même rôle à la Road Development Authority (RDA), à la Mauritius Shipping Ltd et était le président du conseil d’administration de la Financial Intelligence Unit. Il s’est demandé pourquoi cette personne était « si indispensable ».
Sir Anerood Jugnauth, reprenant les commentaires de l’opposition, a avoué avoir été lui aussi choqué par le montant des honoraires. « Toutefois, on m’a expliqué que Me Trilochun travaillait avec une équipe et que cette somme incluait les frais pour les autres membres de l’équipe », a argué SAJ.
Ravi Rutnah est lui intervenu pour souligner que par le passé, certains cabinets d’avocats avaient également réclamé des millions pour leurs services au gouvernement. Ce qui a donné lieu à un brouhaha, avec des contestations dans les rangs de l’opposition. Reprenant son point, Ravi Rutnah devait préciser qu’un cabinet d’avocats en particulier avait obtenu des millions du gouvernement par le passé. Reza Uteem a alors répliqué : « Pa bon to b… to leader mem », en faisant référence à Ivan Collendavelloo.
Sir Anerood Jugnauth, tentant de donner une réponse sur les raisons de l’engagement de Kailash Trilochun, s’est contenté de dire que cela relevait des prérogatives de l’ICTA. « Je n’interfère pas dans les affaires de l’ICTA. Il était déjà conseil légal au moment où il a été engagé pour cette affaire », a déclaré le Premier ministre.
Rajesh Bhagwan a pour sa part observé que tous les cabinets d’avocats ont des infrastructures appropriées pour cela, mais que dans ce cas précis, l’avocat concerné travaillait à domicile. Ce qui a provoqué des rires dans l’hémicycle. À cela, le Premier ministre a répondu que sa maison devrait être bien aménagée pour accueillir un cabinet d’avocats.
Veda Baloomoody a demandé si les frais pour les différents avocats de l’équipe de Kailash Trilochun pouvaient être déposés à l’Assemblée. Shakeel Mohamed a questionné le Premier ministre pour savoir si l’argent a déjà été versé aux avocats. À cela, SAJ a répondu : « Presque tous les frais ont été payés. » Shakeel Mohamed n’a pas caché son étonnement : « L’affaire est toujours en cour et les frais ont déjà été payés ! »
Mahen Jhugroo a demandé au Premier ministre s’il pouvait fixer un plafond aux honoraires des avocats pour leurs services au gouvernement. SAJ a répondu qu’il ne savait pas si cela était possible.