Le procès des douze présumés pirates somaliens poursuivis pour piraterie en haute mer s’est poursuivi hier avec le témoignage du Chief Armsmaster Command Investigator de la marine américaine, John Clemons. Ce dernier a été entendu par vidéoconférence de Floride, aux États-Unis. Lors de son audition, il devait affirmer que le bateau MSC Jasmine, qui avait envoyé des signaux de détresse, ne comportait aucun pirate à bord.
L’officier de la marine américaine John Clemons a été entendu par vidéoconférence dans le cadre du procès intenté aux présumés pirates somaliens à Maurice. Il faisait partie des Marines qui sont intervenus pour traquer les bateaux des présumés pirates somaliens. Lors de son interrogatoire, il devait affirmer que les autorités américaines avaient été informées par l’OTAN, le 5 janvier 2013, d’un appel de détresse du MSC Jasmine qui disait avoir été attaqué par des pirates. L’officier avait alors fait le nécessaire pour qu’un hélicoptère se déplace rapidement pour retracer le MSC Jasmine et les bateaux des pirates. Selon l’officier, l’hélicoptère, arrivé sur place, avait pris des photos du MSC Jasmine et rien de suspect n’avait été noté. Il devait souligner que quand l’hélicoptère est arrivé à destination, aucun bateau suspect ne s’y trouvait. L’officier de la marine américaine avait ainsi pour rôle de retracer, par le biais d’un radar, les bateaux suspects qui se trouvaient en haute mer à ce moment-là. L’officier devait trouver un baleinier qui remorquait une petite embarcation, près de l’endroit où le MSC Jasmine disait avoir été attaqué. Le baleinier avait 8 à 10 personnes à son bord et il y avait seulement des tonneaux d’essence et quelques équipements en leur possession. Confronté à une des dépositions des présumés pirates affirmant qu’ils se trouvaient en haute mer à la recherche d’un autre baleinier perdu au large, l’officier Clemons devait répondre qu’il était peu probable qu’un baleinier, sans équipements nécessaires, notamment un radar et avec un nombre supérieur à la normale d’occupants, aurait été à la recherche d’un autre bateau.
Lors d’une question de la défense concernant un quelconque acte de violence ou des blessures remarqués quant à l’attaque alléguée, l’officier devait répondre par la négative. Lors de l’audition, l’officier Clemons a ajouté que le baleinier interpellé en haute mer serait sans doute le bateau des pirates présumés vu l’emplacement où l’hélicoptère américain l’a repéré ; un emplacement où plusieurs attaques de pirates avaient été rapportées.
À noter que quelques accusés somaliens avaient manifesté leur réprobation auparavant au sujet de la déposition par vidéoconférence de certains témoins américains. Ils avaient demandé que les témoins soient physiquement présents dans le box des témoins pour soutenir leurs accusations face à eux.