La poursuite, avance que l’accusé n’avait « aucune raison » de refuser de se soumettre à un alcootest, car il était bien le conducteur. Le jugement fixé au 25 novmbre prochain.

Le procès intenté à l’ex-PPS et député du PMSD, Thierry Henry, impliqué dans un accident mortel le 3 avril 2016 à Bois-Marchand, est arrivé au stade des plaidoiries. Me Hervé Duval Jr (SC), avocat de Thierry Henry, soutient que l’enquête policière était « truffée de contradictions » et qu’il n’y « avait pas eu de requête formelle pour un exercice d’alcootest » vu la confusion à un moment donné sur la personne qui conduisait le soir du drame. La poursuite avance quant à elle que Thierry Henry « était bien le conducteur », que « c’était bien lui qui avait perdu le contrôle du véhicule ayant causé la mort de Stéphano André » et qu’il « aurait dû se soumettre à un alcootest ». Le prononcé du jugement a été fixé au 25 novembre.

Le député du PMSD répond de cinq accusations devant la Cour intermédiaire, soit pour homicide involontaire par imprudence, refus de se soumettre à un alcootest, refus de se soumettre un échantillon de sang pour des analyses, conduite en état d’ivresse et entrave à l’enquête policière. Il a plaidé non coupable des accusations portées contre lui. Alors que l’audition des témoins a pris fin, les avocats de la défense et de la poursuite ont soumis leurs plaidoiries. Me Hervé Duval Jr a été catégorique dans sa plaidoirie du fait « qu’il n’y a aucune preuve pour justifier une condamnation contre l’accusé ».

L’avocat de Thierry Henry devait faire part de « nombreuses irrégularités » dans l’enquête policière après l’accident mortel survenu à Bois-Marchand. Me Hervé Duval est revenu sur le témoignage du constable Nuthoo, celui qui serait intervenu pour réclamer un alcootest sur le député bleu. « À aucun moment le constable n’est venu confirmer qu’il suspectait l’accusé d’être le conducteur. Il a même concédé qu’il aurait dû mettre une entrée pour confirmer que l’accusé conduisait et a provoqué l’accident et aurait refusé par la suite de se soumettre à un alcootest. D’où le fait que la requête pour un alcootest ne semble pas légitime », a-t-il dit.

Me Duval avance que la police avait assumé que Thierry Henry était le conducteur puisque la voiture de fonction lui était allouée. « Si l’on croit la police, pourquoi n’a-t-il pas été arrêté tout de suite ? Pourquoi est-ce son épouse qui a été arrêtée ce soir-là après l’accident ? » a fait ressortir l’homme de loi pour démontrer de nombreuses contradictions dans le dossier de la poursuite et « qui n’ont pas été éclaircies en cour » et l’absence de preuves pour justifier les délits commis par l’accusé.

Pour Me Abdool Raheem Tajoodeen, représentant de la poursuite, « c’est indéniable que c’est l’accusé qui conduisait la voiture de fonction et le constable Nuthoo avait entièrement le droit de réclamer un alcootest après l’accident ». Il devait de plus indiquer que le constable « a maintenu qu’il a appliqué les procédures adéquates pour l’exercice d’alcootest » et que « l’accusé n’avait aucune raison de refuser de s’y soumettre ».

Pour l’avocat de la poursuite, « la défense veut faire croire que l’enquête policière est une mascarade » et que « la police a inventé une histoire de toutes pièces », soutenant qu’il n’y a « aucun doute » sur la véracité de la version du constable. Pour Me Tajoodeen, il a été prouvé que l’accusé était sous l’influence de l’alcool et a causé le décès de la victime, car il n’a pu contrôler son véhicule convenablement, ayant mené à l’impact. Après les plaidoiries, le magistrat Sacheen Boodhoo a fixé la date du jugement au 25 novembre.

Pour rappel, le 3 avril 2016, la voiture de fonction allouée à Thierry Henry, soit une BMW, avait violemment percuté James Stéphano André, qui traversait l’autoroute de Bois-Marchand, à Terre-Rouge, pour se rendre à une fête. Le jeune homme n’avait pas survécu. Dans un premier temps, l’épouse du député du PMSD, Vicky Henry, qui se trouvait dans la voiture, avait été appelée à prendre la charge de cet accident. L’ex-PPS Thierry Henry s’était par la suite présenté au poste de police de Terre-Rouge en compagnie de son homme de loi, Me Hervé Duval Jr, pour rectifier la version initiale des faits.