Jack Bizlall, politicien et syndicaliste, sera-t-il candidat aux prochaines élections générales? Il ne nie pas qu’il est l’objet de fortes sollicitations de part et d’autre pour qu’il affronte le trio Rajesh Bhagwan-Rama Sithanen-Franco Quirin que l’alliance PTr-MMM se proposerait d’aligner dans la circonscription de Beau-Bassin-Petite Rivière (no. 20).
Week-End lui a posé la question, mais Jack Bizlall n’a ni infirmé, ni confirmé non plus. Toutefois, il laisse entendre que“ si jamais un mouvement large, que des citoyens engagés et lui s’activent à lancer, prend une décision, le 11 octobre prochain, d’aligner des candidats, c’est à Beau-Bassin, où j’habite, que je poserai ma candidature”. Cependant, il se dit réaliste.“L’alliance PTr-MMM va remporter les élections. Tout ce qu’on doit souhaiter pour le pays, c’estque face à un gouvernement PTr-MMM à l’Assemblée nationale, il puisse y avoir une opposition d’au moins 16 députés”, déclare-t-il. 
En réalité, nous avons appris que le “mouvement large” qu’évoque Jack Bizlall s’est déjà réuni, hier à Rose-Hill, pour commencer à discuter sérieusement de l’éventualité de contester les prochaines élections. Ceux qui étaient présents, dont des syndicalistes en vue, des professionnels et des citoyens actifs, se sont quittés en se donnant rendez-vous le 11 octobre pour prendreune décision finale.
Selon nos informations, Jack Bizlall a fait l’analyse de la situation politique actuelle dans le pays de la manière suivante:
“Les citoyens de la République de Maurice sont en face d’un dilemme : les deux partis politiques qu’ils soutiennent le plus se sont mis en coalition. Beaucoup d’entre eux ne sont pas d’accord avec cette coalition mais ils vont la soutenir en grand nombre. Entre 40 et 45 % des électeurs. Avec une abstention de 22 à 25 %, les carottes sont cuites pour les adversaires de cette alliance. La coalition MMM-PTr aura un soutien populaire quand même lors des prochaines élections générales. Le pays ne peut que souhaiter qu’une opposition parlementaire constituée de plus de 16 députés au moins soit réalisée. Il faut pour cela que les forces de l’opposition parlementaire et extraparlementaire actuelles soient crédibles. En même temps, si les électeurs souhaitent un partage de pouvoir entre Bérenger et Ramgoolam, ils n’adhérent pas à leur projet de transformer notre système parlementaire en système semi-présidentiel. C’est ce changement conséquent qui fait la différence entre cette coalition et les coalitions gouvernementales et les alliances électorales précédentes. Depuis 1969, il y en a eu une bonne dizaine. C’est la grande question qui se pose : les électeurs sont-ils prêts à passer à un régime semi-présidentiel et; dans l’affirmative; ont-ils confiance en Ramgoolam. Il était clair que Ramgoolam allait être battu sans le soutien de Bérenger et de son MMM. La population n’a pas confiance en lui et elle est débordée par l’accaparement et la farandole sexo-dilapidation qui a caractérisé sa gestion du pays”.
Selon l’analyse, la deuxième considération est que l’opposition parlementaire qui se construit avec le MSM, le PMSD et le parti d’Yvan Collendavelloo, ne semble pas faire un grand poids électoral par sa propre force. Non plus les partis politiques extraparlementaires. Donc, la possibilité d’un parlement sans opposition parlementaire est à envisager. Mais beaucoup d’électeurs iront voter pour les adversaires politiques de la coalition MMM-PTr. Au départ, plus de 20% de l’électorat. Cependant, il n’existe pas de vacuum politique pour longtemps en société humaine. Une opposition extraparlementaire de rue se construira d’autant plus que nous sommes en fracture sociale.
Le mouvement a regretté que si certains opportunistes n’avaient pas tout brisé, leurrés par une manifestation réussie à Port-Louis, il y aurait  une situation de relève politique aujourd’hui. Hier, le mouvement largeen gestation a été mis en présence de quatre rapports axés sur les perspectives de changements politiques selon des citoyens, des jeunes, des femmes et des travailleurs. Sur la base de ces documents, Jack Bizlall a soutenu qu’il  n’y a pas de doute que sur le plan programmatique le mouvement a une grande avance sur toutes les autres organisations politiques.
Le mouvement s’est déclaré convaincu qu’il est encore grandement possible de créer une entente électorale alternative. Bizlall confirme que “la tendance dans le mouvement est de présenter des candidats. Il y a une proposition de présenter 20 candidats et envisager, concrètement, une participation parlementaire sur les bancs de l’opposition”. D’autres participants à la réunion d’hier ont carrément suggéré de présenter 60 candidats et, ainsi, de prétendre avec audace de préparer l’avenir politique de Maurice.