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La production locale de ma pomme de terre a connu une baisse importante depuis quelques années. Si la production normale tourne autour de 19 000 tonnes, seules 14 000 tonnes ont été récoltées en 2017. Cette année, la récolte devrait être inférieure celle de l’année dernière.

La consommation de la pomme de terre à Maurice tourne autour de 24 000 tonnes par an, note Kripalloo Sunghoon de la Small Planters’ Association. Par le passé, la production locale s’élevait à 19 000 tonnes alors que l’importation s’élevait entre 4 000 à 5 000 tonnes. Avec le changement climatique, la production locale a connu une importante baisse importante.
« Le gouvernement avait voulu qu’on atteigne 80% de l’autosuffisance. En 2012, nous avons pu atteindre cet objectif. Par la suite, plusieurs problèmes ont surgi, notamment le changement climatique, les vols de pommes de terre des champs, la mauvaise qualité du sol, qui ont provoqué une baisse de la production locale », a souligné Kripalloo Sunghoon.
En 2017, la production locale était de 14 000 tonnes. Cette année, selon ce dernier, nous devons nous attendre à une production inférieure à celle de l’année dernière, en raison des averses qui se sont abattues sur l’île depuis le début de l’année. « Les champs ne sont pas en parfait état pour la culture de la pomme de terre. Les petits planteurs ont peur d’investir car il y a toujours des risques de perdre la récolte. Le coût de production, sur un arpent, s’élève à environ Rs 140 000 pour un agriculteur. Seule la semence peut lui coûter entre Rs 40 000 à Rs 45 000. Vu le changement climatique, les petits planteurs hésitent à investir, de peur que la récolte ne soit pas satisfaisante, d’autant que cette année il y a plus de risques que le sol soit contaminé en raison des récentes averses », a fait part Kripalloo Sunghoon.

Farad Jogan, planteur dans le Sud du pays, est catégorique. La production de la pomme de terre sera définitivement en baisse cette année. « 25% des petits planteurs ont déjà pris la décision de ne pas investir dans la production de pommes de terre cette année. Nous avons réalisé d’importantes pertes durant la dernière saison, voire entre 25 à 50% de notre récolte. Donc, la crainte des planteurs est justifiée », a-t-il précisé.

De plus, les agriculteurs sont découragés face à l’indifférence du gouvernement. Selon eux, il n’y a pas suffisamment de soutien du gouvernement pour qu’ils puissent trouver une solution. En ce qui concerne le stockage, Kripalloo Sunghoon estime que le gouvernement devrait revoir sa capacité afin que les consommateurs locaux ne se retrouvent pas en face d’une pénurie de pomme de terre.