« Il saute aux yeux que notre population de chauves-souris endémiques (Mauritian Fruit Bats) a considérablement augmenté. Nous comprenons qu’il faut tout mettre en oeuvre en vue de préserver à tout prix la disparition cette espèce menacée unique à Maurice. Mais il nous faut, en même temps, être sensible aux importants dégâts de plus en plus causés à la production fruitère – mangues et litchis, principalement – par ces mammifères volants »: propos du ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun.
« Tout a été mis en oeuvre en vue d’assurer un juste équilibre », déclare-t-il à propos de l’exercice d’élimination contrôlée de ces chauves-souris qui va être entreprise dans les prochains jours par une équipe de la Special Mobile Force (SMF) aidée d’officiers du National Parks and Conservation Service, des vétérinaires du ministère, de même que de techniciens du Food and Agriculture Research and Extension Institute (FAREI).
Alors que des écologistes contestent le chiffre avancé par le ministre quant à l’accroissement rapide, ces dernières années, de la population des Mauritian Fruit Bats qui, selon Mahen Seruttun, a largement dépassé les 90,000 (contre 55,000 en 2010), le ministre répond qu’à l’autre extrême, s’il fallait se fier au Mauricien moyen, ce dernier aurait probablement trouvé que les chauves-souris sont, désormais, « plus d’un million » dans l’île.
Interrogé par Week-End quant à savoir si le moment est bien choisi pour un tel exercice d’alimination avec le risque toujours possible que le pays ne soit bientôt visité par un violent cyclone qui pourrait alors décimer entièrement cette espèce protégée, le ministre devait répondre que toutes les précautions ont été prises à cette fin et qu’il ne s’agira que d’un exercice contrôlé étalé sur une période limitée de trois semaines.
Comme pour laisser comprendre que la Mauritian Fruit Bat n’est pas aussi menacée aujourd’hui qu’elle ne l’a été il y a quelques décennies, Mahen Seeruttun explique, par ailleurs, que notre chauve-souris endémique qui était, au départ, classifiée « critically endangered » dans les années 1970 est, par la suite, passée dans la catégorie des espèces « endangered » pour être, dorénavant, seulement considérée comme une espèce « vulnerable. »