Eau de Javel, insecticides, poisons pour rats et lézards, anti-moustiques, antimites : autant de produits qui font partie du quotidien de nombreux foyers mauriciens. Destinés à un usage domestique, ces produits chimiques ne sont a priori pas nocifs. Des précautions doivent pourtant être observées pour leur utilisation.
En 2010, 1,151 personnes ont dû subir un traitement à l’hôpital suite à l’exposition accidentelle à des substances nocives et cinq sont décédées. Cette année, on compte déjà deux morts par négligence. En février et en mars de cette année, un homme et un bébé sont morts après avoir ingurgité “accidentellement” de la soude caustique (dans le premier cas) et un détergent conservé dans une bouteille de boisson gazeuse.
Ces accidents domestiques auraient pu être évités. Pour l’eau de Javel, par exemple, de nombreux utilisateurs ne prêtent pas attention au dosage prescrit ou mélangent parfois le produit avec d’autres. Ce qui a pour résultat de dégager une vapeur toxique qui peut causer des dommages respiratoires, des sensations de brûlure aux yeux et des maux d’estomac. Surtout lorsque le produit est utilisé dans un endroit qui n’est pas convenablement aéré.
Précautions.
Il y a quelques années, une polémique autour de la naphtaline avait surgi sur internet, certains estimant qu’elle était cancérigène. Il n’y avait aucune preuve scientifique à l’appui de cette affirmation, mais le doute subsiste. Le Dr Ben Veeraragoo, médecin du travail, ne recommande pas son utilisation à cause du parfum irritant que ce produit dégage.
Les produits à base d’hypochlorite de sodium doivent être utilisés avec la plus grande prudence. Le Dr Veeraragoo souligne que les produits chimiques à usage domestique ont été conçus à cet effet et ne sont donc pas virulents, mais doivent être utilisés avec précaution. Il mentionne à cet effet les détergents, les insecticides, la soude caustique dont certains se servent pour déboucher les conduits d’eau…
Par ailleurs, l’utilisation d’équipements de protection est parfois conseillée. Si cela est mentionné sur l’étiquette du produit, l’utilisateur doit se résoudre à le faire pour sa propre sécurité. Serge L’Écluse, de l’association Crop Life Mauritius, qui regroupe les importateurs et revendeurs de pesticides, précise qu’il faut se conformer aux précautions indiquées sur les étiquettes de ces produits. Il attire l’attention des utilisateurs sur le danger que peuvent présenter certains produits lorsqu’ils ne sont pas utilisés comme indiqué.
Mauvaises habitudes.
Le ministère de la Santé souligne que l’exposition aux produits chimiques présents dans des produits ménagers peut provoquer quelques-uns des symptômes suivants : écoulement du nez, démangeaison des yeux, mal de tête, fatigue, vertige et irritation de la gorge. Il faut impérativement ouvrir portes et fenêtres pour une bonne circulation de l’air dans la maison et évacuer plus rapidement l’odeur résiduelle.
Selon le Dr Ben Veeraragoo, la croyance populaire veut qu’un surplus d’un produit aide à rendre son action plus efficace. “Une trop forte concentration d’un produit sur une surface que l’on n’a pas bien rincée peut provoquer des problèmes d’estomac et même une gastrite”. Il recommande la dilution des produits pour atténuer leurs effets nocifs.
Le médecin du travail observe que certains Mauriciens achètent parfois des produits chimiques au détail, qu’ils conservent dans des bouteilles d’eau ou de boisson gazeuse. Cette mauvaise habitude est source d’accidents qui peuvent être mortels.
Recyclage.
Serge L’Écluse souligne que la manière de se débarrasser de récipients ayant servi à conserver des produits chimiques pose problème. En l’absence d’une réelle politique de tri des déchets, ces récipients se retrouvent avec les autres déchets ménagers, avec les risques que cela comporte pour l’environnement.
Un accident est vite arrivé, mais il y en a qui peuvent être évités, soulignent nos interlocuteurs. Le consommateur est tenu de lire attentivement l’étiquette des produits pour bien en comprendre l’utilisation. “C’est un must. Que ce soit pour une bombe aérosol, un poison pour rats, un produit anti-moustiques, il y a un minimum de précautions à prendre”, conclut Serge L’Écluse.