Vous êtes docteur en sociologie, chercheur, enseignant, spécialiste en sciences de l’information et de la communication. Quand vous avez commencé vos études, quel était la situation de la communication et des télécommunication en France ?
A cette époque-là, au début des années 70, le débat était dominé par deux thèmes : le téléphone pour tous et comment multiplier les chaînes de télévision, comment passer de deux, trois chaînes à plus d’une centaine. C’étaient les deux grandes questions et une troisième, qui deviendra beaucoup plus important un peu plus tard : le développement de ce qui allait devenir internet.


Est-ce que l’arrivée d’internet et son développement phénoménal étaient prévisibles ?
Non, ni en Europe, ni aux Etats-Unis. Il faut se rappeler que jusqu’à la fin des années 80, aux Etats-Unis, l’internet, c’est un système pour les universitaires, réservé à la recherche. C’était un outil de collaboration pour les chercheurs pour échanger des courriers et constituer des newsgroups afin d’échanger des informations, en fait l’ancêtre de nos forums d’aujourd’hui. L’internet balbutiant fonctionnait avec des outils informatiques lourds et il faudra l’arrivée de personnes comme Steve Jobs, qui va bricoler les réseaux téléphoniques pour communiquer avec ses amis, pour développer cet outil.