Le Medical Council a octroyé de janvier à ce jour le « provisional registration » à 133 nouveaux diplômés en médecine qui attendent leur tour pour le stage de l’internat dans les hôpitaux. Les dirigeants du MC ne cachent pas leurs inquiétudes quant à l’embauche des nouveaux médecins une fois qu’ils seront sur le marché du travail. L’on apprend qu’une centaine de généralistes comptent faire une demande pour le « registration as specialist »
D’après le registre officiel des médecins il y a un millier de généralistes qui exercent dans le public et dans le privé. Selon les observations du Medical Council (MC), garde-fou de la profession médicale, la liste de généralistes ne tardera pas à franchir la barre de 2 000. Outre la centaine de jeunes qui ont débuté en avril dernier leur internat dans les hôpitaux, il y a une centaine de nouveaux diplômés détenteurs d’un provisional registration en attente pour ce même stage. Par ailleurs, le MC est en présence de douze nouvelles demandes pour le provisional registration. Il y a aussi un millier de Mauriciens qui poursuivent des études dans ce domaine à l’étranger, principalement en Chine et dans les pays de l’Europe de l’Est. Un groupe important de diplômés de Chine rentrera vers 2013. Sans compter que l’Université de Maurice, selon les souhaits du ministre de l’Enseignement supérieur, se lancera elle aussi bientôt dans la formation des médecins.
Dans les milieux de MC et parmi les plus anciens de la profession médicale, l’on craint un surnombre de médecins dans le pays. « D’après les normes internationales, nous sommes déjà avec un nombre suffisant de généralistes. Ki pou fer avek sa kantite dokter-la pou enn ti pei kouma Moris ? », s’inquiètent-ils. Selon ces derniers, la grosse majorité de ces nouveaux diplômés s’attendent à être recrutés dans le service public après leur internat alors que le gouvernement, font-ils remarquer, ne doit un job à personne. Ces médecins de carrière fustigent carrément le Careers Guidance pour leur manque de prévoyance. Le Careers Guidance qui passe d’école en école pour aider les jeunes à faire le bon choix aurait dû tirer, selon eux, la sonnette d’alarme depuis longtemps par rapport à la médecine. « Il faut freiner sinon l’on se retrouvera avec une crise sociale. S’il est vrai qu’un médecin dans la famille fait la fierté de tous, encore faut-il que cette personne puisse gagner sa vie avec son statut de médecin », précise un médecin de l’État.
En dehors du surplus de généralistes, il y a aussi un nombre croissant de spécialistes dans le pays, comme par exemple en gynécologie et en pédiatrie. Les dirigeants du MC qui doivent examiner avec minutie tout dossier accompagnant une demande de registration as specialist ne chôment pas. L’Ordre des Médecins risque de se retrouver très bientôt avec une centaine de nouvelles demandes après un récent jugement de la Cour suprême donnant gain de cause à deux médecins dont la demande avait été rejetée en 2006. Ces éventuels nouveaux demandeurs se trouvaient plus ou moins dans la même situation que ces deux plaignants lors de leur requête initiale en 2006. Si dans un premier temps, l’Ordre des Médecins avait envisagé de contester ce jugement, l’institution s’est ravisée après avoir obtenu un avis légal. « Nous n’irons pas en appel », confirme au Mauricien un responsable du MC. « Si jamais ces médecins à qui nous avons refusé le registration en 2006 font une nouvelle demande nous allons procéder à l’examen au cas par cas », indique ce responsable.