Une vingtaine d’activistes femmes oeuvrant auprès d’ONG des cinq pays de la région étaient réunies ce matin à l’hôtel Gold Crest, Quatre-Bornes. Elles seront en atelier de travail pendant toute la semaine afin d’élaborer un document, plan d’action de démarrage, et pour la mise en opération d’un réseau régional de femmes vivant avec le VIH/sida. L’initiative est à mettre au compte du projet AIRIS-Sida de la Commission de l’océan Indien.
« À chaque colloque VIH/sida de l’océan Indien, la nécessité de créer un réseau spécifiquement destiné aux femmes vivant avec le virus revient sur le tapis. Il en a été une nouvelle fois question lors du colloque de 2009. Ces femmes, lors des temps de paroles qui leur sont impartis, font état des énormes problèmes et difficultés qu’elles rencontrent chacune dans leurs pays respectifs », relève Dhiren Moher, point focal du projet AIRIS-Sida de la COI et coordinateur de Ravane +, premier réseau de PVVIH pour la région, et lui-même activiste et PVVIH. Dans le sillage de ce besoin, poursuit notre interlocuteur, « lors du dernier atelier de Ravane +, j’ai évoqué la question avec Marie-Laure Veyrat, activiste réunionnaise attachée à Ravane +, et nous avons décidé d’aller de l’avant avec le projet dans les plus brefs délais. »
D’où l’atelier de travail qui a démarré ce matin et qui s’étendra sur toute la semaine. Des représentantes d’ONG, activistes attachées à celles-ci, oeuvrant chacune dans leurs pays respectifs, nommément Madagascar, les Seychelles, les Comores, Rodrigues et Maurice, étaient présentes pour la première journée de travail. Seules manquaient les Réunionnaises, dont le vol a été annulé hier. « Mais elles seront parmi nous à partir de cet après-midi », a confié M. Moher.
La première journée de travail était placée sous le signe médical. La première partie de l’atelier était animée par le Dr Devi Sujodah, « l’unique femme médecin qui travaille avec les séropositives ! C’est quand même aberrant, avec le nombre de médecins formés qu’il y a à Maurice… », relève Dhiren Moher. La deuxième partie a été assurée par la gynécologue Tin Yi Ting Wing Yuen.
Dhiren Moher, qui a ouvert la session de travail de ce matin, rappelle qu’« il est vrai que l’un des problèmes communs que rencontrent les femmes PVVIH est le regard, la discrimination et la stigmatisation. Les femmes sont beaucoup plus vulnérables que les hommes. Et elles sont confrontées à ces problèmes à plusieurs niveaux : le rejet de la part de la famille, l’incapacité d’obtenir un travail à cause des préjugés, le regard de la société qui les rejette, le peu d’accessibilité à l’éducation et idem pour le traitement en milieu hospitalier. »
Le point focal du projet AIRIS-Sida poursuit : « Maintenant, dans certains pays, ces femmes subissent également la violence à cause de leur condition ! Il ne faut pas occulter cela. À Madagascar et aux Comores, par exemple, les femmes n’ont pas les mêmes facilités que celles des Seychelles, de la Réunion et de Maurice, relativement aux soins médicaux. Une femme qui va accoucher, à Madagascar, par exemple, doit tout acheter : cotons, matériel, etc. C’est très onéreux, d’autant qu’on connaît le niveau de pauvreté dans ce pays ! »
De ce fait, poursuit l’activiste, « il est impératif d’aider ces femmes à se mettre en réseau, et leur donner les outils nécessaires pour se battre et faire respecter leurs droits. Il y a des lois universelles qui sont là. Souvent, ces femmes les ignorent. D’où un aspect de l’atelier (voir plus loin). »
Le but, dans un premier temps, de cette activité de cette semaine, est « l’élaboration d’un document, sorte de plan d’action dans lequel seront rédigées les grandes lignes pour les deux ans à venir pour ce réseau de femmes PVVIH. Je vais mentir si je dis que nous allons trouver toutes les réponses aux problèmes. Mais au moins, nous trouverons les débuts de réponses pour commencer à “adress the issues”. C’est déjà un début… »
Cet atelier de travail bénéficie aussi de la participation de Princess Gcebile Ndlovu, activiste depuis 2004 auprès de l’International Council For Women (ICW) de l’Afrique du Sud, et Michel Etchepare, consultant attaché au projet AIRIS-Sida.