Cinquante-cinq pêcheurs de la région de Haute-Rive, Rivière-du-Rempart, contestent le projet de construction d’un hôtel sur le littoral de cette partie nord de l’île. Ils soutiennent qu’un tel projet mettrait en péril leur gagne-pain et ont logé une motion devant le juge en chambre dans laquelle ils réclament l’émission d’un ordre d’injonction pour que les travaux actuellement entrepris sur le site du futur hôtel soient stoppés. Cette demande fera l’objet de débats entre les plaignants et les promoteurs lundi matin devant la juge Nalini Matadeen.
Recevant la motion mercredi matin, cette dernière n’a pas accédé à la demande des plaignants, que sont les pêcheurs. Ils voulaient obtenir que l’ordre intérimaire soit émis tout de suite. La juge a, elle, préféré entendre les deux parties avant de trancher sur le sujet.
L’action judiciaire est dirigée contre la Haute-Rive Holdings Ltd, compagnie qui regroupe les promoteurs, qui envisagent de construire un complexe cinq-étoiles, et contre des décideurs de l’État, notamment le secrétaire permanent du ministère de la Pêche, celui du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, celui du ministère du Tourisme et des Loisirs, et celui du ministère de l’Environnement et du Développement durable. Le président du conseil de district de Rivière-du-Rempart et celui du Board of Investment font aussi partie des défendeurs.
Dans un affidavit qu’il a juré en sa qualité de porte-parole des pêcheurs, Laurent Franchin déclare que ses 54 confrères et lui sont chacun propriétaires de leur bateau. Il soutient que pour eux, leur embarcation constitue l’unique outil leur servant de gagne-pain. Elles sont amarrées en partie à Haute-Rive et en partie à Pointe-des-Lascars.
Pour M. Franchin, les travaux causent un tort immense aux pêcheurs dans le bon déroulement des activités qui sont vitales pour eux avant de prendre la mer. Par exemple, ces travaux causent un tort immense aux endroits où les pêcheurs recueillent les appâts si nécessaires à leur journée de pêche. Les points d’amarrage sont également en voie de destruction. En outre, les endroits sous culture de mangliers sont gravement mis en danger, alors que, selon l’affidavit de Laurent Franchin, une plage artificielle aurait été aménagée dans détenir de permis, sur laquelle le promoteur aurait fait installer une jetée. De plus, du carburant serait transporté pour alimenter les bateaux, sans observer les précautions préalables pour assurer la protection de l’environnement marin.