Dans un contexte où des efforts sont déployés en vue de permettre aux jeunes, surtout les plus vulnérables et défavorisés, de se ressaisir et de s’épanouir, le parcours d’une jeune habitante de Forest-Side, Stacy Caradec, âgée de 17 ans, mérite d’être relevé. Pourtant, il y a quelques années de cela, elle a failli être laissée en bordure de route par le train du développement. Grâce à la force de son caractère et à l’encadrement sous le Projet Employabilité Jeunes de la Fondation Espoir Développement du groupe Beachcomber, elle peut se vanter d’avoir réussi son pari avec de belles perspectives s’ouvrant devant elle. Cet Assistant Cook au sein du Dinarobin Hotel & Golf Spa a surpris plus d’un en réussissant avec brio les examens du NAS Level 3. Elle compte persévérer pour se faire un nom dans la cour des grands.
Pourtant, à la veille de ses examens de Form IV, qu’elle redoublait, Stacy Caradec avait décidé d’abandonner ses études. «Après un parcours scolaire chaotique, je n’avais plus vraiment envie de poursuivre les études au collège. J’ai tout abandonné», se souvient-elle. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle se laissera tenter par le désoeuvrement. Elle entend parler des cours prodigués par la Beachcomber Training Academy (BTA) par l’intermédiaire d’une amie de la famille.
Stacy Caradec ne laisse pas filer sa chance et se fait enregistrer. Lorsqu’elle s’y rend pour l’étape de l’interview, elle est dirigée vers le Projet Employabilité Jeunes (PEJ). C’était en 2011. Elle intègre le cours. Encadrée par Frédéric Augustin, responsable du projet, et Pauline Martial, formatrice, elle y réapprend entre autres les mathématiques, la courtoisie, l’art de s’exprimer et comment rédiger un CV, soit les ingrédients pour ouvrir les portes du monde du travail dans le domaine de l’hospitality.
«Frédéric et Pauline ont cru en moi et m’ont beaucoup encouragée. Je leur suis extrêmement reconnaissante de m’avoir mise en confiance», déclare la jeune fille en jetant un coup d’oeil avec satisfaction sur le chemin parcouru. Au bout de trois mois de formation, Stacy Caradec choisit de faire un stage en cuisine. «J’ai toujours aimé cuisiner, c’est d’ailleurs cette matière que j’avais choisi au collège», fait-elle comprendre.
Elle découvre les cuisines du Dinarobin Hotel Golf & Spa. Certes, l’ambiance et les exigences du quotidien diffèrent de ce qu’elle avait en tête. Elle s’accroche parce qu’elle comprend que c’est la chance de sa vie. Elle fera ses premières armes aux côtés du chef exécutif Didier Jacob, qui la prend sous son aile. Peu à peu, l’apprenti-cuisinière découvre et maîtrise les bases du métier, en l’occurrence reconnaître les produits, préparer les sauces, nettoyer les légumes, travailler dans la cuisine froide.
Une vraie rage de réussir
«Stacy a très vite pris goût au métier. Elle se démarquait par sa vitesse d’évoluer», reconnaît le chef Jacob, qui décèle tout de suite en la jeune stagiaire une vraie rage de réussir. Au bout de six mois, c’est le premier test. Stacy Caradec se voit confier la lourde responsabilité de préparer les verrines pour un restaurant de 50 couverts. Toute seule comme une grande, elle assume ses responsabilités.
«Le monde de l’hôtellerie n’est pas de tout repos. Des fois je craquais sous la pression», confie la jeune Stacy Caradec. Mais elle ne baisse pas les bras, malgré le rythme du travail effréné. Elle sait qu’à travers ce stage c’est une seconde chance qui lui ait offerte. «Je devais prouver que je pouvais réussir et en aucun cas rester sur mes acquis», dit-elle.
En 2012, elle décide de participer à la formation proposée par la BTA tout en poursuivant son travail dans les cuisines du Dinarobin. Au départ ce n’était pas gagné, mais Amba Thungavelu, le formateur de la BTA, la soutient et l’aide à persévérer. Un an plus tard, Stacy obtient le NAS Level 3 avec mention. Une fierté pour la jeune fille qui, malgré une scolarité interrompue, fait honneur à sa famille et à tous ceux qui ont cru en elle.
Employée au sein de la brigade du Dinarobin depuis le mois de juillet dernier, la jeune fille ambitionne de devenir chef de cuisine. «Lorsque je vois le chef Jacob, je me dit pourquoi pas moi. Je sais que j’ai beaucoup à apprendre et qu’il me faudra être patiente, mais j’ai confiance en moi», lance-t-elle comme un véritable défi.
Consciente que l’accompagnement du PEJ l’a aidée à se développer tant sur le plan professionnel que personnel, Stacy Caradec conseille aux jeunes qui connaissent une scolarité difficile de ne pas baisser les bras et d’avoir foi en leurs capacités. «Tout le monde a droit à une seconde chance. Il suffit de la saisir», conclut-elle avec une fierté des plus légitimes sous sa toque.