Le syndicaliste Rashid Imrith, porte-parole de la People’s Cooperative Renewable Energy Society Ltd, a accusé le Central Electricity Board (CEB) de traitement discriminatoire pour avoir jusqu’ici ignoré leur demande pour discuter de leur projet de ferme solaire coopérative de 500 kW à Balaclava. Il a menacé de traîner le CEB devant l’Equal Opportunities Commission si d’ici le 28 novembre prochain cette institution continue à les ignorer.
« Nous dénonçons avec force cette indifférence scandaleuse des autorités, dont le CEB, par rapport au projet de la People’s Cooperative Renewable Energy Society Ltd (PCRESL) de construire une ferme solaire coopérative de 500 kW à Balaclava », affirme Rashid Imrith. Il animait hier une rencontre avec la presse au siège de la Federation of Public Sector & other Unions (FPSOU).
La PCRESL est une société coopérative créée par la Coalition for People’s Cooperative Renewable Energy (CPRE) qui regroupe la Small Planters Association (SPA), la FPSOU, la General Workers Federation (GWF), le Kolektif Lenerzi Renuvlab (KLR), le Centre for Alternative Research and Studies (CARES), EcoSud, l’Institute for Environmental & Legal Studies, la Rodrigues Government Employees Association, Rezistans ek Alternativ ainsi que des écologistes et des artistes à titre individuel.
« CEB gagn letan resevwar bann reprezantan bann konpani prive angaze dan prodiksion kouran ou lenerzi renouvlab, me zot pa gagn letan resevwar nou ki reprezantan de la sosiete sivil », fulmine Rashid Imrith.
La PCRESL a, le 7 août dernier, écrit aux autorités, dont le CEB, pour présenter leur projet de ferme solaire. « Cette ferme sera un projet pilote qui démontera comment il est possible à la fois de relancer les petits planteurs, de permettre aux citoyens ordinaires d’investir dans la production d’électricité et d’aider le CEB d’atteindre les objectifs du projet Maurice Île Durable (MID) à un coût très bas ».
La PCRESL se propose d’utiliser une infime partie des terres abandonnées par des petits planteurs (150 des 15 000 arpents) pour construire une centrale photovoltaïque grâce aux cotisations des citoyens et ensuite de vendre l’électricité produite au CEB à Rs 3,85 le KWH, soit moins cher que cela coûte actuellement au CEB de produire de l’électricité dans ses centrales à huile lourde.
« Notre lettre est restée jusqu’ici sans réponse. Nous apprenons en revanche que les gros capitalistes qui veulent développer des projets d’énergie verte, et pas nécessairement propres, sont eux reçus à bras ouverts par la direction du CEB », dit le porte-parole de la PCRESL.
« Si d’ici le vendredi 28 novembre prochain, nous ne sommes pas invités à venir présenter notre projet au CEB, la PCRESL se verra contrainte de loger une plainte auprès de l’Equal Opportunities Commission ».
Yan Hookoomsing, un autre porte-parole de la PCRESL, a indiqué que les membres de la coopérative ont envoyé une lettre aux dirigeants des partis politiques, principalement ceux de l’Alliance de l’Unité et de la modernité et ceux de l’Alliance Lepep, leur demandant de préciser devant l’électorat leur engagement pour assurer au pays un avenir énergétique durable et démocratique. Ils leur ont demandé de mettre en oeuvre sept mesures (voir encadré) largement inspirées du Plan d’action en 21 points du rapport de la National Energy Commission (NEC). Il a rappelé que c’est suite à la signature d’une pétition par 35 000 personnes contre le projet de CT Power, pétition qui a été suivie par une grève de la faim de 13 jours du travailleur social Jeff Lingaya en janvier 2013, que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a institué la NEC.
« La NEC a établi que le charbon coûtera 40 % plus cher sur les 10 prochaines années, créera moins d’emplois et infligera beaucoup de pollution, alors que le scénario énergies renouvelables + économies d’énergie permettra l’émergence en plus d’un nouveau pilier de l’économie, porteur de croissance : l’énergie verte », soutient Yan Hookoomsing.