Pandore céda à la curiosité qu’Hermès lui avait donnée et ouvrit la boîte, libérant ainsi les maux qui y étaient contenus. Elle voulut refermer la boîte pour les retenir; hélas, il était trop tard ! Seule l’Espérance, plus lente à réagir, y resta enfermée. La boîte qu’elle ouvrit se nomma alors Boîte de Pandore.
A contre-courant
Avec le projet de la nouvelle carte d’identité, eu égard au contexte, au timing (-500 jours des élections générales) et à la manière des autorités mauriciennes de nous l’imposer, je me sens l’obligation de questionner la pertinence du type de modernisme que prône Navin Ramgoolam. Notre gouvernement enfile des perles et multiplie des sacrifices sur l’autel du progrès.
Après l’inauguration de l’aéroport ultramoderne qui a été préféré, en période de morosité touristique, à la guerre contre la pauvreté, c’est au tour du projet nouvelle carte d’identité de défier notre conception d’une société juste et moderne.  Le projet de plus d’un milliard de roupies ne peut que faire douter de la capacité de Navin Ramgoolam à différencier le modernisme de la protection des droits du citoyen. C’est généralement là, dans cette fracture, que prend forme et grandit la notion de dictature.
Ce n’est même pas de la paranoïa ! Cela relève plus de la mégalomanie !
The People is Nowhere… First !
Sérieusement ! Je ne comprends pas ce gouvernement qui se veut progressiste mais qui accumule des réflexions d’un autre temps et des casseroles, que nos enfants risquent de payer au prix fort. Il est rétrograde et à contre-courant de tout ce qui se fait en matière de gouvernance transparente. Il n’est en aucun cas « people-centric » et s’amuse à concentrer des pouvoirs au creux de quelques nantis aux mains longues !  A chaque pas en avant, on retrouve l’avancement de certains alors que la condition du petit peuple se fragilise davantage.
L’Histoire du Charbonnier
Quand tous les autres (même La Chine) ferment leur Centrales à Charbon, l’état que gouverne Navin Ramgoolam s’empresse d’en ouvrir deux (au minimum jusqu’en 2016) sur un bout de terre de moins de 1500 km carrés !  Pourquoi ? Quels sont donc les enjeux ? Ethniques ? Qui gagne ?
Pandit Beach
Quand les sociétés modernes et avancées réfléchissent sur la réduction de la fracture sociale et la démocratisation économique en développant des systèmes fondés sur l’ « Empowerment » de la communauté locale, Ramgoolam s’empresse de monopoliser les ressources patrimoniales, communes au peuple, en les offrant, semble-t-il, en récompense à ses agents politiques. Dans quelles mesures est-ce de la démocratie ? Dans quelles mesures est-ce moderne ? On aurait dit ces temps immémoriaux des seigneurs qui payaient leur entourage sous forme de terres et des serfs qui payaient la dime… et ça, ça n’a rien de moderne M. Navin Ramgoolam !   
Big Brother, Welcome!
Liberticide ! Anticonstitutionnel ! Anti-Droits de l’Homme ! Abusif !

Et puis… cette fameuse carte d’identité, véritable attrape-nigaud ! Quand les démocraties du monde se basent sur le refus du peuple d’une telle carte pour faire reculer sur ce projet, Ramgoolam s’empresse de nous le faire avaler sans réelles consultations en vue d’offrir ne serait-ce qu’une alternative à la cession de nos données personnelles et privées ! Ces données ne vous appartiennent pas, ni à vous, ni à l’Etat ! Vous ne pouvez en disposer à votre guise et nous forcer à vous les céder !
Et quid des contrats entourant ce projet de plus MUR 1 milliard ? Par les temps qui courent, ne risquons-nous pas de découvrir dans la liste des prestataires, d’autres agents politiques ou de frère d’agent rouge… ou de transfuge ?
Une nouvelle carte d’identité ? Nécessaire oui, mais pas dans ces conditions !
Nous avons certes besoin d’une nouvelle carte d’identité, dans un matériau durable, mais il n’y a nullement un besoin de données biométriques, surtout quand il n’existe aucune disposition dans les lois mauriciennes, à l’instar du CNIL français, pour nous protéger des manipulations fortuites ou frauduleuses voire criminelles.  
Bien au contraire, ce projet de carte d’identité sera accompagné de lois quasi liberticides. La libre circulation de l’individu en pâtira car d’après ces nouvelles lois, un citoyen mauricien pourra, à tout  moment être interpellé par les autorités policières ou autres, sur le territoire mauricien, en vue de vérifier son identité même s’il n’est suspecté de rien… Et au cas où il se retrouverait sans sa carte biométrique, celui-ci risquerait la prison! Imaginez, un moment, où cela peut nous entraîner ! Recrudescence d’arrestations arbitraires, répression latente… et je ne sais quelles autres inventions impopulaires !
Avec la cession de ses empreintes digitales, le citoyen mauricien passe du statut de citoyen sans histoires, à celui de suspect. En tout cas, avec la prise de nos empreintes des doigts de mains, nous serons traités tout comme ! Prochaine étape ? Vérification policière inopinée du « Place of Abode » ? Prise d’ADN dès la naissance ?  
Un vague sentiment de préméditation…
Et avec les autres données biométriques, les cameras de rue pourront à tout moment nous reconnaître et afficher nos données perso sur un écran vu par quelqu’un de totalement étranger à notre vie… et de là, à modifier des morceaux de notre identité, il n’y a qu’un pas.
Pire ! A un moment où il est de plus en plus question d’enlever l’élément ethnique de tout formulaire civil, il faut savoir que la biométrie permet, à contrario, grâce à de savants algorithmes, de déterminer les origines ethniques et dans certains cas, géographiques d’un individu. Les distances entre les yeux, entre le nez et le menton, le teint et même le grain de peau, la forme des yeux, des lèvres, de la bouche, du menton sont autant de facteurs analysables en temps réel de la reconnaissance faciale.
D’un simple citoyen honnête, on pourrait ainsi basculer dans une vie cahoteuse… être catalogué comme extrémiste, terroriste, homosexuel et être pris en filature virtuelle sans le savoir.
Et n’oublions pas que nos cartes SIM sont attachées à notre numéro d’identité. Ecouter nos conversations et surveiller nos SMS pourrait être ainsi facilité, rien qu’en couplant nos données à un logiciel. Et nous suivre grâce au GPS sera un jeu d’enfant ! Même si un juge ne donne pas son aval pour de telles pratiques, ce sera un des bonis technologiques intrinsèques à ce système !
Surtout ne pas garder ce maudit smartphone (même éteint) dans le lieu où tu fais l’amour à ta chérie /ton chéri ! Les micros et les caméras peuvent s’activer à distance.  
Et le PM l’a dit… de sa bouche dit ! On ne peut faire confiance aux firmes privées dans la gestion de nos « Biodata » ! Pouvons-nous faire plus confiance à un service étatique, dont l’expertise vient de Singapour, état dont le régime est connu pour son approche dictatoriale de la civilité et où vendre ou mâcher du chewing-gum sans ordonnance est un crime ?  
Et vous voulez qu’en citoyens libres et démocrates, nous acceptions tout cela sans broncher !
Relativement aux Droits de l’Homme,
Dire NON est un devoir… une obligation !

Avec la cession volontaire ou non de nos données privées et personnelles, nous allons ouvrir notre boîte de Pandore ! Nous ne sommes pas prêts pour une carte à données biométriques et je pense que nous ne le serons jamais !
Réactionnaire  Moi ? Oui c’est sûr, n’en déplaise à certains… Mais certainement pas un ZANIMO qui acceptera de se faire marquer au fer… comme pour monter dans des trains pour Auschwitz !
Pa Pou Gagn Mwa Monn Dir !