Le projet de légalisation de l’avortement suscite des réactions et des prises de positions. Dhiren Moher, activiste dans le domaine de la lutte contre le sida, émet des « réserves ». S’il se dit « personnellement en faveur d’une telle législation », il ajoute : « Cependant, je souhaite, au nom des Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH) que toutes les conditions soient bien réunies, que l’information soit bien précise et claire, avant que l’on décide d’avorter une femme séropositive enceinte. »
Dhiren Moher s’appuie sur le fait que le programme PMTCT (Programme of Mother To Child Transmission) « existe depuis des années ». Il ajoute : « Mais peut-être que, valeur du jour, tous les médecins ou ceux siégeant sur le panel qui seront amenés à décider si une femme doit avorter ou pas, ne sont pas nécessairement au courant de son existence. Peut-être ne savent-ils pas que les couples ‘séro-discordants’ ont recours à ce programme avant de fonder un foyer. »
Il poursuit : « Le PMTCT permet à deux personnes de fonder une famille, et ce en protégeant leur futur enfant d’une probable séropositivité. » Or, pense-t-il, « avec la légalisation de l’avortement, et dans le cas où certains médecins ignoreraient l’existence du PMTCT, cela compliquerait les choses. Et coûterait, éventuellement, la vie à leur futur enfant. »
Dhiren Moher estime que « vouloir ou non avorter est une décision qui doit revenir en dernier lieu à la femme. Il ne faut pas oublier qu’elle a ses droits et, surtout, que Maurice est signataire de conventions internationales en faveur du respect de la femme et de l’enfant ! »
Les appréhensions de M. Moher concernent surtout « un manque de préparation en termes juridique, politique et social avant que cette loi ne soit proclamée ». Il réitère : « Je suis en faveur de la légalisation de l’avortement, mais dans des conditions bien définies. Je souhaite sincèrement que ces avortements soient pratiqués après mûre réflexion et dans des cas qui se justifient. » Il poursuit, s’agissant des PVVIH : « Il serait souhaitable que ces pratiques ne viennent en aucun cas violer les droits des personnes vivant avec le virus. À ce stade, vu le manque d’informations claires et un projet encore assez confus, les PVVIH sont très sceptiques. » 
« L’État a son rôle à assumer pleinement dans cette affaire. Il ne faut pas que les droits des PVVIH soient violés par manque de discernement », prévient-il.