L’Attorney General a reçu hier à son bureau des représentants de plusieurs organisations regroupées sous le front commun en faveur de l’avortement. Ils voulaient lui témoigner de leur soutien à la veille de la présentation du Criminal Code (Amendment) Bill au parlement. Ils ont invité Yatin Varma à ne pas céder à la pression.
Droits humains Maurice Océan Indien (DIS-MOI), Gender Links and Media Watch Organisation, Muvman Liberasyon Fam (MLF), Mauritius Family Planning and Welfare Association (MFPWA), Mauritius Alliance of Women, Women in Networking et Women International Association, Konfederasyon Travayer Sekter Prive sont entre autres organisations qui se sont regroupées en un front commun pour soutenir le projet de loi autorisant l’avortement dans certains cas. Plusieurs individus, dont les Dr Julia Maigrot et Doohika Rye Ramdenee se sont aussi joints à cette plateforme pour encourager l’Attorney General à aller de l’avant dans le Criminal Code (Amendment) Bill.
Selon Ragini Kistnasamy du MLF, ce projet de loi tant attendu, est un grand pas en avant pour le pays. « Cela marque un événement important pour la femme, après la contraception introduite dans les services publics dans les années 60. Nous nous attendons à ce que vous enclenchiez les procédures pour la promulgation de la nouvelle loi dès qu’elle sera votée au parlement. »
De son côté, Lindsey Collen a avancé qu’avec la nouvelle loi, les femmes seront plus aptes à se rendre à l’hôpital en cas de complications. « Dans les différents cas de décès enregistrés, il a été noté que les femmes se sont rendus à l’hôpital au dernier moment car elles ne voulaient pas avouer qu’elles avaient avorté. »
Vidya Charan, la directrice de la MFPWA, a souligné l’importance d’un service respectant les paramètres légaux, afin d’offrir plus de sécurité aux femmes.
Intervenant à son tour, Manda Boolell a souligné que le choix existera toujours malgré les nouvelles dispositions de la loi. « Ce n’est pas parce que l’avortement est légalement autorisé que tout le monde doit y avoir recours. »
À cela, l’Attorney General Yatin Varma a précisé que le Criminal Code (Amendment) Bill est en faveur des personnes qui n’ont pas les moyens. « Celles qui ont de l’argent peuvent déjà avoir recours aux cliniques privées ou aller se faire avorter à l’étranger. Ce sont celles qui n’ont pas les moyens qui prennent les risques. »
L’Attorney General a aussi souligné que des paramètres de sécurité seront introduits afin d’éviter tout abus. « Les interventions se feront uniquement dans les prescribed institutions. Les centres de santé ne souhaitant pas en faire partie sont libres de leur choix. Ce projet de loi n’est en aucun cas une obligation. Le choix existe toujours. »
L’Attorney General a ajouté que l’avortement se pratique déjà dans certains cas dans nos hôpitaux. « Lorsque la vie de la maman est en danger, les médecins sont contraints à prendre une décision. »