Il est de ceux qui croient dans le projet Metro Express, qui coïncide avec l’arrivée du Caudan Arts Centre, prévue pour fin 2018. René Leclézio, CEO de Promotion and Development Ltd (PAD), responsable du développement du Caudan Waterfront, prévoit que la ville de Port-Louis « se développera davantage » dans les cinq prochaines années. Selon lui, le concept de Shopping Mall est aujourd’hui presque révolu. Il entrevoit cependant une « revitalisation » de la capitale avec plus d’Urban High Street, « qui caractérisent davantage le Caudan Waterfront ». Port-Louis, estime-t-il, « a été détruite et paralysée pendant 50 ans par la Landlord & Tenant Act ». Membre du conseil d’administration de la Port-Louis Development Initiative (PID), et dont le président est Gaëtan Siew, il indique que la PID travaille avec les forces vives pour « redonner à la ville son dynamisme et son importance d’antan ».
Plusieurs événements semblent coïncider pour faire revivre le Caudan Waterfront. D’abord, le projet de l’Arts Centre, comprenant notamment une grande salle de spectacles, déjà en chantier depuis cette année et dont la mise en opération est prévue pour fin 2018. Ensuite la Landlord & Tenant Act, qui arrive à échéance à la fin de l’année et qui, aux yeux de René Leclézio, permettra « à la capitale de retrouver sa dignité ». Enfin la gare du Metro, qui devrait se trouver juste à côté…
René Leclézio explique : « On a ouvert en 1996. Pendant 12 ans, nous avons eu une fréquentation régulière avec des hausses de loyer. Après, il y a eu les travaux au rond-point du Caudan, qui ont constitué un obstacle à l’accès vers le Caudan Waterfront. Il y a eu de plus les inondations de 2013, un épisode qui est resté dans la tête des gens, puis l’arrivée de Bagatelle et d’autres centres commerciaux. Par conséquent, l’offre a surpassé la demande et ce n’est qu’aujourd’hui que cela se stabilise. Mais cela s’aggrave au niveau du “shopping on line”. ». En effet, fait-il ressortir, « le “online shopping” est un phénomène qui gagne le monde et qui fait qu’aux Etats-Unis, l’an dernier, 400 centres commerciaux ont fermé ».
C’est dans ce contexte que la PAD a décidé de revoir sa stratégie commerciale et de miser sur les loisirs dans la Phase III du Caudan pour, éventuellement, plus tard, venir avec une quatrième phase, qui se concentrerait sur le côté résidentiel et qui sera basée sur le concept “Work, Live and Play”, avec « comme “sideline” le shopping ». Et de faire ressortir : « Le centre commercial ne constitue en effet que la moitié de nos revenus. Le reste provient de la location des bureaux. On ne se considère pas comme un centre commercial traditionnel. »
L’Arts Centre du Caudan comprendra entre autres une salle de spectacles de 430 places avec 400 places de parking et des bureaux. « Le jour, le centre pourra se convertir en salles de conférences et nous organiserons des sessions pédagogiques pour les écoles. Ce sera une structure intelligente et sophistiquée avec une acoustique parfaite conçue par Arup Performing Art (UK) et des dispositifs pour les malentendants et les handicapés. ».
Pour le CEO de la PAD, la capitale a longtemps été « paralysée par la Land & Tenant Act, ce qui n’a pas permis aux propriétaires des emplacements commerciaux d’augmenter leur loyer ». Conséquence : « Cela a entraîné une dégénération urbaine. Quand on marche à Port-Louis, on a l’impression de marcher dans le tiers-monde. Avec la modification de la loi, en 2005, et l’arrivée à échéance du délai accordé, la ville pourra retrouver sa dignité. Le Metro arrive en même temps et ce sera un grand plus. Je pense que c’est un dossier qui mérite d’être communiqué. »
S’agissant des propriétaires d’autobus, il se dit d’avis que ceux-ci doivent « se réinventer » en mettant à la disposition du public des lignes pour des trajets non desservis par le Metro et des navettes pour accéder au Metro. « Le Metro ne va pas gêner l’accès au Caudan. » Au contraire, tous ces événements coïncidant, il entrevoit un regain de vie dans la capitale. « Le concept de “shopping mall” est presque révolu. C’est un concept qui a commencé dans les années 60’. Maintenant, tout le monde repart en ville. Pour moi, Port-Louis est un brassage de cultures. À l’époque, mes grands-parents venaient de Moka pour la saison hippique. C’était un endroit merveilleux. »
Si des boutiques du Caudan n’ont pas tenu, selon lui, « c’est qu’il y a un concept selon lequel il faut être dans plusieurs centres » commerciaux. « Mais quand on est à Maurice, tout est accessible. Si quelqu’un veut acheter quelque chose, il peut se rendre n’importe où. Certains ont ouvert dans plusieurs malls et n’ont pu tenir. Mais ceux qui sont restés avec nous ont vu leur chiffre d’affaires monter. »