Le ministre de la Recherche a procédé hier au lancement d’un experimental seaweed farm au Albion Fisheries Research Centre. Selon Rajesh Jeetah, la culture d’algues pourrait annuellement générer un bénéfice d’environ Rs 180 milliards. Également présent à cette occasion, le ministre de la Pêche Nicolas Von-Mally a souhaité que Maurice se positionne parmi les plus grands fournisseurs de ces produits dans le monde.
Le projet Seaweed Farming a nécessité un investissement de Rs 4,5 millions. Avant son exécution, des recherches ont été menées par les scientifiques du Mauritius Research Council (MRC). Les données des études ont révélé que l’Exclusive Economic Zone (EEZ) de Maurice, qui est d’une superficie de 2,4 millions de kilomètres carrés, convient à ce développement d’aquaculture. Le projet a été favorablement accueilli par les ministères de la Recherche et de la Pêche, la communauté scientifique et des pêcheurs.
Rajesh Jeetah et Nicolas Von-Mally, respectivement ministres de la Recherche et de la Pêche, ont soutenu que la culture d’algues ne peut qu’apporter sa pierre à l’édifice financière de Maurice. La mise en place de la ferme d’algues à Albion concerne tous les stakeholders, dont les pêcheurs.
Nicolas Von-Mally a tenu à rassurer les pêcheurs, quant aux avantages du projet. « Pa pe fer li pou zot me avek zot. Pe pran zot l’avis ek pe ouver enn laport pou zot gayn zot lavi pli bien », a fait comprendre le ministre de la Pêche. « Zot pou trouve ki li dan zot lintere. Napa ekout bann seki pe rod mett baton dan larou minister. Nu pe guet lintere pei avan tou. » Il a soutenu que la culture d’algues représente une alternative en termes de revenus pour les pêcheurs. « O lie konsentre zot zis lor lapes, zot kapav lans zot dan akwakiltir, kiltir alg. O contrer avek kiltir alg, nu pe ed nu ecosystem marin ek pou atir bann ti pwason », a renchéri le ministre.
Le ministre de la Pêche a par ailleurs fait part de son intention d’étendre le projet de culture d’algues à Rodrigues, Saint Brandon et Agalega. Nicolas Von-Mally a aussi souhaité que le pays devienne un des principaux fournisseurs dans le monde. Il a fait comprendre que l’EEZ de Maurice est un atout dans cette industrie et que « nous ne pouvions que bien faire ». « Pourquoi ne pas entrer en compétition avec les pays leaders du secteur ? »
Rajesh Jeetah a estimé pour sa part que la culture d’algues peut générer annuellement un bénéfice financier d’environ Rs 180 milliards. Le ministre de la Recherche a indiqué qu’un arpent du lagon pour la production d’algues coûte environ Rs 75 000 si les meilleures conditions sont réunies. Il a précisé que la recherche dans ce secteur reste sa priorité. « Sak dimounn bizin pran so responsabilite et la recherche doit se poursuivre. » Des membres du MRC étaient aussi présents au lancement de la ferme à Albion.
L’industrie d’algues a pour objectif de cultiver et de traiter les algues de grande valeur pour les produits de niche à la fois pour l’exportation et le marché local. Elle contribuera aussi à la création d’emplois et générera des revenus substantiels, en particulier parmi la communauté des pêcheurs.
Plusieurs pêcheurs suivent d’ailleurs depuis lundi, et ce jusqu’à aujourd’hui, une formation sur la culture d’algues au Albion Fisheries Research Centre. Y participent aussi une trentaine de participants de diverses organisations comme l’Argricultural Research and Extension Unit (Areu), le Board of Investment (BoI), la Mauritius Oceanographic Institute (MOI), le Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) et l’Université de Maurice (UoM). La formation est proposée avec la collaboration du Dr Flower Ezekiel Msuya, Chief Lab Scientist de l’Institute of Marine Science du Zanzibar (Tanzanie).
Parmi les techniques démontrées durant la formation figurent le off-button method (la méthode traditionnelle) ciblant des algues de la région du Nord attachées à distance égale sur plusieurs cordes en nylon et planter dans le lagon, le floating system et le bamboo raft.
À ce jour, 500 espèces d’algues ont été répertoriées à Maurice et Rodrigues. Moins d’une dizaine d’entre elles seront exploitées dans le cadre du projet. Une formation est prévue en ce sens du lundi 14 au vendredi 18 au Petite Butte Community Centre.