En mai, cela fera un an que Charles Tassin occupe le poste de Directeur technique national (DTN). Et le Français s’est vite rendu à l’évidence que le basket-ball mauricien se meurt à petit feu. Pour redresser la barre, le technicien propose une série de mesures, notamment recommencer le championnat national de basket-ball sur de nouvelles bases dès la prochaine saison.
10 mois seulement après son arrivée sur les bancs de la sélection mauricienne de basket-ball, Charles Tassin ne passe pas par quatre chemins pour dresser un tableau noir de la situation actuelle du basket mauricien. Selon lui, si les dirigeants des clubs, les membres de la Fédération mauricienne de basket-ball (FMBB), ceux de la Mauritius Sports Council (MSC) et du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) ne travaillent pas en étroite collaboration et en solidarité, le basket-ball n’existera plus dans quelques années.
« Si j’étais basketteur à Maurice, j’arrêterais de jouer, car disputer un match officiel de Super League sans le moindre spectateur m’est inconcevable. Les fans n’ont pas tort non plus, car aller voir jouer deux équipes un mardi soir n’intéresse personne. Pour moi, les supporters font partie de la compétition . C’est pour cela que j’ai proposé une refonte du championnat national », fait ressortir Charles Tassin. « Tout le monde est d’accord, il ne reste qu’à la mettre au point », poursuit-il.
Cela étant dit, l’ancien joueur de l’équipe de France a déjà sa petite idée. Ainsi, il insiste à ce qu’il y ait plus de compétitions et que chacun apporte sa pierre à l’édifice  au lieu de rester dans son coin. « Je suis d’avis qu’il serait idéal d’organiser une journée de championnat durant le week-end, pas nécessairement au gymnase de Phoenix, mais sur les terrains « outdoors » dans différentes régions de l’île. Un maximum de cinq matches seront à l’affiche du matin jusqu’au soir, au lieu de programmer un match par jour en semaine, qui plus est, à 19h comme c’est le cas maintenant. Ce sera comme un festival de basket et la foule commencera à venir », explique-t-il.
La formation, maillon essentiel
La formation des jeunes est aussi un maillon essentiel dans la restructuration du basket-ball à Maurice. D’ailleurs, ces derniers joueront un rôle prépondérant très prochainement, puisque le centre de formation que dirigent Charles Tassin et son adjoint Christophe Saubestre depuis octobre dernier, soit la période des vacances scolaires, sera inscrit en première division qui commence dans huit mois. « Le centre de formation fonctionne très bien depuis sa mise sur pieds. On a commencé avec deux heures d’entraînements par jour avec les jeunes et aujourd’hui, 126 jeunes de 12 à 20 ans, garçons et filles, font partie du centre. Des demandes nous ont été faites pour que les enfants de 10 ans intègrent également l’effectif », avance Tassin.
Pendant les entraînements, rien n’est laissé au hasard. Les joueurs de chaque catégorie sont séparés en trois groupes selon leurs aptitudes. Les débutants apprennent la base, ceux qui l’ont déjà ce concentrent sur les choses qu’ils doivent améliorer  et puis il y a ceux qui sont déjà des basketteurs aguerris, mais qui devront franchir un palier. Ce groupe élite qui est restreint, travaille lui sur des points spécifiques qui sont plus proches de la compétition professionnelle.
« Au centre de formation, on vérifie l’acquisition des connaissances techniques et aussi tactiques. On leur apprend un geste et une fois qu’on a la certitude qu’ils l’ont acquis, on passe tout de suite à un match. S’ils arrivent à le faire, on enchaîne avec l’étape suivante. C’est ce qui nous a permis de progresser très rapidement aux mois d’octobre-décembre. On les avait tous les jours également. Et c’est comme ça qu’on a eu de bons résultats contre les Seychelles qui étaient venus à Maurice en décembre de l’année dernière », souligne Charles Tassin. Cependant, pour les jeunes basketteurs de 12 à 15 ans, il n’y aura pas de championnat prévu dans l’immédiat, mais ils participeront à des compétitions organisées par le MJS et la FMBB.
Le groupe élite composé des jeunes de 16 à 20 ans va passer à la vitesse supérieure maintenant. Ils vont s’entraîner une fois par semaine avec l’équipe nationale, avec ceux qui ont encore le potentiel de participer aux prochains Jeux des Îles de l’océan Indien (JIOI) en 2019. À cet effet, un premier rassemblement a eu lieu samedi dernier au gymnase de Phoenix. Selon le DTN français, ce regroupement est fondamental : « J’étais étonné en apprenant à mon arrivée que l’équipe nationale n’avait pas fait de rassemblement en vue des JIOI de 2015 à La Réunion. Je ne veux pas me retrouver dans cette même situation pour les prochains jeux en 2019. Plus tôt on le fait, mieux ce sera », assure-t-il étant donné qu’aucun match amical international n’est prévu jusqu’à nouvel ordre.